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Sylvie Ouziel (présidente internationale d’Envision Digital) : "La France est très attractive dans le secteur de l’alimentation électrique"

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Présenté parJean-Paul Chapel

Diffusé le 30/11/2020Durée : 00h7

Sylvie Ouziel est la présidente d’Envision Digital. Cette entreprise produit notamment des batteries électriques, et a décidé de créer une usine en France. Pourquoi avoir choisi l’hexagone ? Si Sylvie Ouziel conditionne cette perspective aux décisions de hausse des véhicules produits par les constructeurs (Peugeot, Renault, Nissan), elle se dit convaincue par la nécessité de développer cette technologie : "Nous croyons totalement au développement du véhicule électrique. Il y a eu une très forte croissance cette année, malgré la crise. Nous sommes convaincus que l’électromobilité va transformer tout le système énergétique dans les villes et les infrastructures. Nous comptions développer notre usine anglaise pour accroître notre activité en Europe, mais le Brexit et la forte attractivité industrielle de la France a rebattu les cartes : notamment en raison des compétences de la main d’œuvre, et de l’alimentation électrique qui est décarbonnée et compétitive grâce au nucléaire. Sur le plan logistique, la France est bien placée pour servir les usines locales et en Espagne. C’est pourquoi nous avons fait ce choix, tandis que nos concurrents produisent majoritairement en Chine et en Europe de l’Est."

« La technologie peut nous permettre de réconcilier croissance et écologie »

Dans le détail, Envision, groupe international qui possède déjà entre autres des éoliennes en Suède et Allemagne, des logiciels à Singapour et un fond d’investissement en Californie, va créer près de 2000 emplois direct en France : "L’idée est de lancer la production au milieu de l’année 2023 et de monter progressivement en puissance", explique-t-elle. L’usine sera vraisemblablement située dans le nord du pays.

Cette usine est une pierre de plus pour une technologie qui sera également utile pour les bâtiments : "Quand on développe le renouvelable (éoliennes, solaire…), se pose la question de remplacer l’absence de vent et de soleil, comme le soir ou la nuit. Il y a le besoin de stocker entre le moment où on peut produire et le moment où on peut consommer : nous développons donc des batteries « stationnaires »". Et cet investissement est-elle un signe que la crise est derrière nous ? "Nous voyons déjà le retour de la croissance en Asie. Je pense que cette crise nous a montré que la santé et la décarbonisation sont des préoccupations importantes, ainsi que des voies de relance. Et une approche malthusienne qui serait de choisir entre les emplois et l’environnement n’est pas la bonne voie de sortie : la technologie peut nous permettre de réconcilier croissance et écologie."

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