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VIDÉO. Pierrick De Ronne : “On va plus loin que le cahier des charges en bio : 80% de l’offre est française, un quart des volumes vendus sont en commerce équitable et nous respectons la saisonnalité."

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Présenté parJean-Paul Chapel

Diffusé le 25/05/2020Durée : 00h6

Pierrick De Ronne, président de Biocoop, a noté des changements chez les consommateurs pendant le confinement. “Notamment en consommant des produits plus bruts, en cuisinant chez eux avec la fermeture des restaurants. Beaucoup de changements sur les modalités de consommation avec le développement du e-commerce et du click and collect.

Le président de Biocoop a évoqué le développement du e-commerce. “On a développé ce service fin 2019 dans une trentaine de magasins et on a vu qu’au moment de la crise, et encore aujourd’hui, les personnes vulnérables l’ont plébiscité. Ils commandent sur Internet et viennent chercher en magasin. Certains magasins ont mis en plus des systèmes de livraison pour aller livrer ces personnes-là.

Pierrick De Ronne ne s’inquiète pas du fait que Biocoop ne soit pas le premier distributeur de bio en quantité. “Ce n’est pas le plus important, ce qu’on défend c’est le modèle coopératif et la bio. C’est-à-dire une bio qui défend aussi un modèle de société. On va un peu plus loin que le cahier des charges qui est très technique en bio, par exemple qui refuse les pesticides chimiques. On a aussi des critères sociaux et d’autres critères sur les produits : 80% de l’offre est française, on a un quart des volumes vendus qui sont en commerce équitable et nous respectons la saisonnalité.

Pierrick De Ronne justifie le prix des produits de Biocoop. “C’est vrai que ces valeurs-là se retrouvent dans le prix, c’est logique. On travaille la question du prix juste. Et le prix juste c’est de justifier la valeur qu’on y met. Quand on relocalise des filières agricoles, comme le quinoa, ou quand on rémunère mieux les producteurs par le commerce équitable, forcément, il y a un surcoût. Ce qu’on souhaiterait c’est que ces externalités positives soient aussi dans le prix de distribution conventionnelle, qui peut avoir aussi des externalités négatives.

Pierrick De Ronne conclut : “Ce qui est important, c’est que le consommateur soit en contact avec le monde agricole. On ne doit pas opposer les territoires. 15% du chiffre d’affaires de Biocoop est fait en produits hyper locaux, mais on travaille aussi avec vingt groupements de producteurs, qui sont sociétaires de Biocoop, donc qui participent à la vie démocratique et à la stratégie de Biocoop. Ces groupements construisent des filières. Et c’est à travers un échange entre groupements qu’on peut créer de l’équité dans les échanges. On a vraiment besoin de coopération, que toutes les parties prenantes, du producteur au consommateur, soient autour de la table. C’est le cas dans notre modèle coopératif pour dépasser les intérêts divergents à court-terme et construire le long-terme. On voit bien aujourd’hui que les consommateurs, ainsi que le monde soignant, demandent cette coopération, que tous les avis soient pris en compte.

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