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Laurent Garret (Neuflize OBC) : "Il faut avoir plus de différenciation des prix en salle."

a revoir

Présenté parJean-Paul Chapel

Diffusé le 16/05/2022Durée : 00h7

Invité de Jean-Paul Chapel ce lundi, Laurent Garret est le Président du directoire de la Banque Neuflize OBC qui finance plus de la moitié du cinéma Français. 8 films financés par cette banque seront présentés au Festival de Cannes selon Laurent Garret : "Il y a le film d’Arnaud Desplechin qui est « Frère et sœur », il y a « Novembre » de Cédric Jimenez, il y aussi le film « Tirailleurs », il y aussi le film « La nuit du 12», 8 films au total". Le Festival de Cannes qui est également « le marché du film », reste une vitrine et une rencontre des professionnels du cinéma pour acheter et vendre "Il y a un marché du film ordinaire, il y a beaucoup de projections et tous les professionnels sont là". Laurent Garret est optimiste pour le festival qui commencera demain : "La tendance est bonne (…) cette année redevient une année normale".

D’après le Président du directoire de la banque Neuflize OBC, le risque à financer un film est relativement peu élevé et partagé avec les distributeurs. Il estime qu’un film en moyenne coûte 4 millions et que ce sont les "films du milieu" situés entre les blockbusters et les petits films qui sont le plus compliqué à financer. Le secteur est solide grâce à la solidarité entre films à succès et films moins populaires, mais aussi grâce à l’aide l’Etat qui a soutenu le cinéma via le plan de relance ou le fond d’indemnisation de 100 millions : "C’est un secteur qui se porte bien, il y a un soutien de l’Etat qui s’est prouvé pendant la période du COVID". Celui-ci a néanmoins souffert des jauges en salle, mesures de couvre-feu, passe et confinement : par rapport à 2019, "c’est une baisse de 25 %" des entrées, estime Laurent Garret.

Mis à part le COVID, le cinéma est également bouleversé par l'arrivée des plateformes en ligne. Une directive européenne a d’ailleurs récemment modifié les règles : "Auparavant, vous pouviez diffuser un film sur vos plateformes après 36 mois (…) aujourd’hui, il faut que les films passent en salle et pour Netflix (…) à partir de 15 mois". Ce qui les obligerait à financer les séries et le cinéma français et européen. Pour faire face à ces plateformes qui menacent les salles obscures, Laurent Garret a évoqué des solutions pour attirer les spectateurs : "Il faut une nouvelle expérience sociale, du spectateur (…) Attirer les jeunes, ça passe par des films grand public, des gros films". Le prix serait également un frein au retour en salle des spectateurs dans un contexte d’inflation : "Il faut arriver à changer les formules (…) il faut avoir plus de différenciation des prix en salle".            

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