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Guy Pezaku (Murfy) : "Le marché de la réparation des appareils électroménagers a quasiment doublé depuis 2019, tout l'enjeu maintenant est de proposer des solutions concrètes et efficaces"

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Présenté parJean-Paul Chapel

Diffusé le 15/02/2021Durée : 00h6

"Jetez moins, réparons plus !" Le slogan du site de réparation d'appareils électroménagers annonce la couleur. Les cinq fondateurs, qui viennent tous de grandes écoles de commerce, "avaient envie de trouver un métier qui ait du sens et apporte de la valeur sociale et environnementale. La réparation d'électroménagers, c'était une évidence". Aujourd'hui, le service est présent en France et prochainement en Belgique et en Espagne. 

Alors que le coût des appareils électroménagers a diminué sur les vingt dernières années, le coût de la main d'oeuvre a, lui, augmenté. "Aujourd'hui, il est plus intéressant, quand on rencontre une panne, d'acheter un produit fabriqué à l'autre bout du monde plutôt que d'appeler un réparateur qui habite à 10 minutes de chez nous", avance Guy Pezaku, PDG de Murfy. Mais pour autant, il se montre optimiste : "Ce n'est clairement pas une fatalité. Il y a eu peu d'investissements faits dans la réparation, dans les outils informatiques et les processus logistiques. C'est ce retard que l'on essaie de rattraper aujourd'hui."

Le forfait, pour une réparation, est de 85 euros. Guy Pezaku détaille : "Cela comprend tous les déplacements et la main d'oeuvre quelque soit le temps passé." Seules les pièces détachées ne sont pas comprises : "On répare un produit sur deux sans changer de pièces. Et si jamais les pièces détachées sont trop chères ou que les délais d'approvisionnement sont trop longs, nous remboursons les 85 euros en bons d'achat." Les clients peuvent ainsi acheter un produit reconditionné sur le site e-commerce de Murfy. Car la start-up propose également la vente de produits reconditionnés. "Une fois que les produits ne sont plus forcément intéressants à réparer, il est possible avec deux machines d'en faire une. C'est comme cela que l'on fait de l'économie circulaire." 

Une vision écologique qui est de plus en plus partagée par les consommateurs. " Nous n'avons aucun problème à trouver de nouveaux clients. La demande est de plus en plus importante : le marché a quasiment doublé de taille depuis 2019. On sent qu'il y a une vraie appétence des consommateurs. Maintenant, tout l'enjeu est d'arriver à les servir et à leur proposer des solutions concrètes et efficaces."

Principal obstacle : le manque de réparateurs. "Il n'y a pas assez de techniciens et trop de demandes." Cela nécessite alors de devoir former des personnes. Murfy s'en occupe : "On recrute et on forme 120 personnes en 2021. Le but est de remettre au goût du jour ce métier." Pour cela, Murfy a créé une école de formation en interne pour des personnes "qui souhaitent se réorienter durant leur carrière". Un accompagnement de 6 mois rémunéré et co-financé par Pôle Emploi. Objectif affiché : 4 000 salariés en 2025. Guy Pezaku est confiant : "Si l'on souhaite résoudre le problème de la surconsommation d'électroménagers en France et que l'on veut avoir un réparateur qui intervient à chaque fois qu'il y a une panne, il faudrait alors former 23 000 personnes dans les prochaines années."

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