Pièces à conviction, France 3

VIDEO. "Pièces à conviction" : L'hôpital de Roanne, un projet démesuré au regard des besoins

À travers la France, les hôpitaux fusionnent et suppriment des postes pour limiter les coûts. Dans certains cas, ces économies sont la conséquence de projets hospitaliers démesurés décidés à l'échelle individuelle. "Pièces à conviction" du mercredi 18 février a mené l'enquête du côté de l'hôpital de Roanne.

À la sortie de la canicule, en 2003, le plan "Hôpital 2007" est mis sur pied. Il permet notamment à certains établissements de se moderniser, comme c'est le cas de l'hôpital de Roanne. Mais les dépenses sont la hauteur des ambitions et creusent un gouffre financier pour l'hôpital. L'équipe de Pièces à conviction est allée à la rencontre des acteurs de l'époque pour essayer de comprendre. Et mettre en lumière les conséquences d'un tel chantier pour le personnel.

Un projet ambitieux

La modernisation de l'hôpital de Roanne fait suite à une demande d'Yves Nicolin, déjà maire UMP à l'époque. Il se souvient : "Dès le jour où le ministre de la Santé [...] annonce un plan de modernisation des hôpitaux qui va s'appeler 'plan Hôpital 2007', je suis le premier élu de France dans son bureau pour réclamer la modernisation de l'hôpital de Roanne."

Validés par le ministre, les travaux du nouvel établissement deviennent le projet phare de la ville. André-Gwenaël Pors, alors directeur de l'hôpital, ne lésine pas sur la communication et le chantier est lancé.

Mais les travaux prennent du retard et durent sept ans au lieu des trois ans et demi prévus à l'origine. Les coûts ont eux aussi presque doublé, passant de 83 millions à 148 millions d'euros.

Un chantier à rallonge et des postes sacrifiés

Aujourd'hui, les soignants paient le prix du chantier à rallonge et les dettes qui en découlent. Au moment du tournage de ce numéro de Pièces à conviction, la direction demandait la suppression de six équivalents temps plein (ETP) aux urgences, mais l'ensemble de l'hôpital est concerné par les réductions d'effectifs. 

En décembre dernier, le conseil de surveillance de l'hôpital a voté un plan de retour à l'équilibre : 84 postes ont été supprimés, auxquels s'ajoutent une quinzaine de postes de médecins. Les économies ? 4,5 millions d'euros par an sur le personnel.

Mais la Cour régionale des comptes publiait le même mois un rapport sur l'origine de la dette de l'hôpital. Des demandes aberrantes de médecins et des retards des entreprises du BTP ont activement participé à la crise que traverse l'hôpital de Roanne. Il ne reste au personnel qu'à avaler l'amère pilule des économies réalisées sur le dos de leurs postes. 

Observations définitives de la Cour des comptes

L'enquête de Pièces à conviction est diffusée le 18 février sur France 3 et Francetvinfo, dès 23h10.

(CAPTURE D'ÉCRAN / FRANCE 3)