Dimanche en politique, France 3

"Dimanche en politique". Invité : Eric Woerth

a revoir

Présenté parFrancis Letellier

Diffusé le 18/02/2018Durée : 00h45

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Le 18 février, Eric Woerth, député Les Républicains de l’Oise, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale et ancien ministre, était l’invité "Dimanche en politique", le magazine politique de France 3. Il était interrogé par Francis Letellier, avec à ses côtés David Revault d’Allonnes, chef du service politique au JDD.

Enregistrements de Laurent Wauquiez : "On en fait un peu trop"

Il a d’abord réagi aux propos polémiques tenus par Laurent Wauquiez, président des Républicains, lors d’un cours donné à l’EM Lyon Busines School. En rappelant qu’il "ne fait pas partie de l’équipe dirigeante des Républicains" et donc qu’il est "libre de parole", Eric Woerth a déclaré : "Je ne partage pas ce que dit Laurent Wauquiez".

Sur les propos du président des Républicains vis-à-vis de Nicolas Sarkozy : "Je ne crois pas que Nicolas Sarkozy ait enregistré ou espionné ses ministres, je l’aurais vu. " Il a toutefois nuancé sa critique : "Si je n’approuve pas, ça ne me choque pas non plus, ça ne casse pas trois pattes à un canard". Il a insisté sur le fait qu’il faut "toujours replacer les choses dans leur contexte" et que "l’on en fait un peu trop".

Toujours dans la nuance, il a déclaré : "On a besoin de rassembler, on n’a pas besoin de diviser", tout en disant "on a besoin d’une opposition qui à un moment donné se fasse entendre". Sur l’échange qu’il a eu avec Laurent Wauquiez suite à la diffusion des enregistrements : "Il était ennuyé par l’avalanche de commentaires sur ses propres propos", et "je ne minimise pas mais je ne maximise pas non plus".

SNCF : "Varier la nature des transports publics"...

Eric Woerth considère que la SNCF doit rester publique tout en se préparant à faire face à l’ouverture à la concurrence. Sur le rapport Spinetta, il dit être "d’accord avec l’ensemble". Selon lui, le statut des cheminots est "extraordinairement rigide" et "le régime de retraite spécial choque tout le monde".

Sur la suppression des petites lignes, il pense que "la SNCF, ça ne marche pas", qu’il "faut le faire au cas par cas avec les régions" et que "il faudra fermer" certaines lignes et les "remplacer par d’autres moyens de transport", souhaitant "varier la nature des transports publics".

Gérald Darmanin : "Horrifié" par "le tribunal de l'opinion publique"

Sur l’affaire Darmanin, il se dit "horrifié parfois par l’ampleur que prend le tribunal de l’opinion publique, il n’y a rien de pire […]. C’est pour ça qu’on a une justice indépendante en France". Et affirme que, contrairement à Laurent Wauquiez, lui "ne demande pas" la démission de Gérald Darmanin. Eric Woerth estime que "le seul juge de paix est qu’à un moment donné, est-ce qu’un ministre peut remplir ou pas [sa] fonction ? […] Est-ce qu’il est gêné dans la fonction qui est la sienne ?"

Il exclut que Gérald Darmanin et Nicolas Hulot aient franchi cette limite et rappelle que c’est le rôle du président de la République de prendre cette décision : "Attention à la démocratie du trou de serrure. "

Loi asile et immigration : "Pas besoin de multiculturalisme"

Sur la loi asile et immigration, il estime : "Il y en a assez d’une immigration qui n’est pas maîtrisée",  la France a besoin "d’un courant d’immigration maîtrisé" mais elle "n’a pas besoin de multiculturalisme ou de communautarisme". Il a dit ne pas penser voter cette loi et qu’il faut "un texte de rupture".

Sur la similitude des propos de Laurent Wauquiez sur l’immigration avec ceux de Jean-Marie Le Pen, Eric Woerth affirme qu’"il y a une différence fondamentale entre la droite et l’extrême droite"… sans préciser laquelle. Il lance ensuite, au sujet du fondateur du Front national : "Ça fait vingt ans qu’il fait des baisers du lépreux mais enfin maintenant on soigne assez bien la lèpre."

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