Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Le Dr Chraibi milite pour la légalisation de l'avortement au Maroc

Ce gynécologue qui travaille depuis plus de trente ans au CHU de Rabat a ouvert les portes de sa maternité aux journalistes d'"Envoyé spécial". Selon lui, il y aurait entre 600 et 800 avortements quotidiens dans le pays. 

ANOUK BUREL, MATHIEU BIRDEN / FRANCE 2

L’interruption volontaire de grossesse est illégale au Maroc. Pourtant, chaque jour des jeunes filles et des femmes avortent clandestinement dans ce pays. Beaucoup défilent dans le service d'obstétrique du professeur Chraibi, médecin à Rabat, qui est le témoin de cette détresse humaine. Il vient en aide à ces Marocaines qui veulent à tout prix mettre fin à leur grossesse. Un sujet tabou. Mais pour les plus démunies, ce sera l’avortement à domicile, avec des pilules abortives ou en utilisant des objets contondants. 

Sur Twitter, cet homme au franc-parler a séduit par son courage. Car au Maroc, les médecins qui pratiquent l'avortement risquent jusqu'à cinq ans de prison. Or, c'est un acte médical qui nécessite d’être encadré. Mais à cause du durcissement de la loi, les obstétriciens sont de plus en plus réfractaires à pratiquer l’interruption de grossesse. Les condamnations augmentent. Et certains profitent de la détresse de ces femmes pour demander des sommes importantes dans des cliniques privées.

Des nourrissons abandonnés

"On est révolté de voir des situations comme ça. Est-ce que ça ne vous donne pas les larmes aux yeux de voir ça ?", dit le Dr Chraibi en montrant un nouveau-né abandonné par sa mère. A six mois de grossesse, cette dernière aurait tenté de rompre la poche des eaux pour se débarasser du bébé. Mais le bébé a survécu, et la mère a pris la fuite, en pleine nuit.

Pour lui, cela ne fait aucun doute : "J'aurais préféré que cette mère ait avorté à huit semaines plutôt que de courir un risque pour elle-même et d'abandonner un enfant qui va mourir."

Un témoignage qui a beaucoup fait réagir sur Twitter : 

 

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