"Complément d'enquête". Didier Raoult, le savant flou

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France Télévisions

Scientifique mondialement reconnu, lauréat de prix prestigieux, le médecin star a créé à Marseille un institut hospitalo-universitaire à la pointe de la recherche sur les maladies infectieuses. Mais dans les laboratoires de son IHU, des témoins ont accepté de se confier à "Complément d’enquête" : ils décrivent un climat de peur et d’humiliation, et certaines libertés prises avec la rigueur scientifique...

Une blouse blanche entourée de deux costumes sombres. Ce 20 avril 2022, flanqué de deux avocats, Didier Raoult se prépare à affronter la presse. Deux rapports explosifs sont sur le point d’être rendus publics. Ils vont déboucher sur des plaintes, une enquête judiciaire et sur la suspension de tous les essais cliniques menées dans son IHU. Le savant le plus célèbre de Marseille crie à l’injustice mais il est poussé vers la sortie. Une retraite au goût de défaite pour celui qui avait annoncé pouvoir guérir le monde du Covid avec l'hydroxychloroquine.

Depuis deux ans, l’image du scientifique frondeur ‒ aux cheveux longs et au verbe haut ‒ s’était imprimée dans la rétine des Français. Un médecin star, pas tout à fait malgré lui, qui avait gagné la confiance de Donald Trump et le respect d’Emmanuel Macron, qui voyait en lui "un grand scientifique".

Des données partiellement tronquées ?

Comment expliquer que les alertes émises il y a plus de cinq ans sur les méthodes des équipes du professeur marseillais n’aient pas été entendues plus tôt ? Pourquoi une procédure disciplinaire ouverte contre lui en 2018 semble n’avoir jamais été instruite ?

Scientifique mondialement reconnu pour ses découvertes sur les virus, lauréat de prix prestigieux, il a créé à Marseille un institut hospitalo-universitaire à la pointe de la recherche sur les maladies infectieuses. Mais dans les laboratoires de son IHU, des témoins ont accepté de se confier à "Complément d’enquête" : ils décrivent un climat de peur et d’humiliation, et certaines libertés prises avec la rigueur scientifique. Nos équipes ont ainsi pu mettre la main sur des documents inédits. Ils indiquent que la première étude menée à l'IHU sur l'hydroxychloroquine, celle qui a enflammé le monde en mars 2020, reposerait sur des données partiellement tronquées.

Une enquête de Nathalie Sapena, Martin Lavielle et Frédérique Prigent.  

Dans les fauteuils rouges : Louis Schweitzer, vice-président de l'IHU-Méditerranée Infection.

La rédaction de "Complément d'enquête" vous invite à commenter l'émission sur Facebook ou sur Twitter avec le hashtag #ComplementDenquete.

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Parmi nos sources

- La première étude de l’iHU Gautret Raoult sur l’hydroxychloroquine.

- Concernant l’inefficacité de l’hydroxychloroquine :
   • Le point très exhaustif fait par la Société française de pharmacologie et de thérapeutique (SFPT) et cette méta analyse
    Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (2022).
    Le rapport de l’ANSM (2022).

- Concernant les effets secondaires de l’hydroxychloroquine :
    Les 120 premiers cas d’effets secondaires graves recensés par les réseaux de pharmacovigilance en 2020.
    Les premières alertes, avertissement de l’Agence européenne du médicament sur les risques dès avril 2020.
    Plusieurs méta-analyses sont venues confirmer ces alertes, et les sur-risques d’effets graves ou de décès, tout en soulignant l’inefficacité de l’hydroxychloroquine dans le Covid : meta|Evidence, Cochrane Library, National Library of Medicine.

- Le site FranceSoir déréférencé par Google perd son procès, article du Parisien, 7 septembre 2022.

Liste non exhaustive.

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