VIDEO. Les vétérinaires sanitaires, privés de retraite

Dans les années 50, ils étaient en première ligne pour lutter contre les épizooties. Les vétérinaires sanitaires, appelés à la rescousse par l’Etat pour vacciner le cheptel, n’ont pas compté leurs heures. Mais au moment de raccrocher la blouse, les retraites auxquelles ils ont droit leur sont refusées. Une injustice qui pour certains dure depuis trente ans.  

La fièvre aphteuse, la tuberculose, dans les années 50, ces épidémies ravageaient les élevages. Jusqu’en 1989, l’Etat a mandaté plus de 2000 vétérinaires sanitaires pour assurer les campagnes de vaccination. Une mission à temps partiel en plus de l’activité libérale que Claude Delambre, vétérinaire désormais à la retraite a bien connu.

Pendant près de trente ans, il a reçu ses fiches de paie de la préfecture du Pas-de-Calais. Mais ce qu’il ignorait, c’est que pendant ces années, l’Etat ne cotisait pas pour sa retraite. Il estime le préjudice à près de 1000 euros par mois. Le Conseil d’Etat n’a reconnu qu’en 2011 l’erreur de l’administration : "L'Etat doit être déclaré entièrement responsable des conséquences dommageables qui résultent du défaut d'affiliation et de paiement des cotisations patronales".

On attend juste qu’ils soient tous morts

Nadia Sollogoub, sénatrice

Un jugement qui pour certains ne sera jamais appliqué. Car selon un autre jugement, son dossier est prescrit. La justice estime qu’il a réclamé son dû trop longtemps après son départ à la retraite en 2000. "C’est mon dossier qui est prescrit, explique-t-il, le dossier étant prescrit, ils ne l’étudient pas, mais je vais ne vais pas arrêter de les solliciter."

Une situation kafkaïenne que la sénatrice de la Nièvre (Union centriste), Nadia Sollogoub a plusieurs fois tenté de dénoncer auprès du ministère de l’Agriculture, sans succès : "Sincèrement, tout le monde s’en fout des vieux vétérinaires, c’est inadmissble. Ce que je ressens, et moi même j’ai baissé les bras, c'est que l'on attend juste qu’ils soient tous morts. C’est pas comme ça que l'on traite des gens qui ont fait leur travail."

Contacté, le ministère de l’Agriculture dit avoir régularisé près de 1200 cas d’anciens vétérinaires mais se refuse toujours à rééxaminer 700 dossiers prescrits.