VIDEO. L'auto-entrepreneur, "un auto-esclave" ? Mélenchon en a pourtant employé une dizaine durant sa campagne

Les comptes de campagne de la dernière élection présidentielle sont accessibles dans le détail. Les premiers disponibles à la consultation sont ceux de Jean-Luc Mélenchon. Nous avons eu trois heures pour examiner des milliers de factures. A la clef, des centaines de notes de frais, et quelques surprises.

Avec toutes ces factures, on sait dans le détail combien coûte une campagne. Par exemple le fameux hologramme utilisé par Jean-Luc Mélenchon pour faire plusieurs meetings en même temps, celui projeté à Lyon a coûté 49 176 euros.

Plus étonnant, nous avons découvert que certains membres de l’équipe de campagne ont été rémunérés en tant qu’auto-entrepreneurs, en partie payés par l’association de financement de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, un statut pourtant vilipendé par le candidat de la France insoumise.

"L’auto-entrepreneur, c’est l’auto-esclave", affirmait Jean-Luc Mélenchon en campagne le 26 mars 2017 à Renes. Des auto-entrepreneurs, nous en avons dénombré une dizaine, comme Benoît Schneckenburger. Chargé de la sécurité de la campagne, en février 2017, il a par exemple été payé 1 995 euros bruts.

Le plus connu de ces auto-entrepreneurs, c’est Alexis Corbière. Sur chaque facture, nous découvrons qu’il est rémunéré au forfait pour ses passages télé. Pour ses interventions lors de la soirée électorale de la primaire de la droite, il a perçu 205 euros. Au total, chaque mois, Alexis Corbière, à l’époque enseignant en disponibilité, reçoit 2 050 euros bruts d’octobre 2016 à avril 2017.

Il justifie le choix de ce statut par l’octroi tardif du prêt bancaire pour financer la campagne : "Les conditions de cette rémunération étaient compliqués, parce qu’à ce moment là nous n’avions pas de prêt bancaire, nous ne savions toujours pas si nous avions les 500 signatures."

On allait faire quoi d'autre, embaucher des gens en CDI ?

Jean-Luc Mélenchon

Eric Coquerel, député de la Seine-Saint-Denis (France insoumise) admet que le recours à ce statut, légal, a permis quelques économies. Pour celui qui rémunère l’auto-entrepreneur, pas de cotisations patronales à payer. “Ca coûte moins cher, mais le pénalisé c’est la personne qui l’accepte, donc si en tant que militant, nous qui luttons contre ce système, telle ou telle personne l’accepte, c’est son libre arbitre de le faire"

Et le principal concerné, Jean-Luc Mélenchon, que pense-t-il de cette polémique ? Il a répondu sur son blog :  "Ils disent vous avez fait beaucoup de statut d’auto-entrepreneurs on allait faire quoi d’autre, embaucher des gens CDI alors que c’est une campagne ?"

Certains de ces auto-entrepreneurs n’auraient-ils pas pu être embauchés en CDD ? Pour ce qui est des comptes de campagne des autres candidats, ils devraient être consultables dans les prochains jours, on compte bien y jeter un oeil.

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