VIDEO. Elections européennes, qui sont les députés européens les moins assidus ?

Soixante-quatorze eurodéputés français terminent leur mandat. Parmi eux, trente se représentent. Rempiler, mais pour quoi faire au juste ? Au Parlement européen, comment nos députés ont-ils travaillé ? L’Oeil du 20h a fait les comptes.

Quand on est député européen, on partage son temps entre Strasbourg et Bruxelles. Les parlementaires sont en séance plénière quatre jours par mois à Strasbourg. Des jours de vote que les élus manquent rarement, sous peine de sanctions financières.

Mais le gros du boulot, c’est surtout à Bruxelles : deux semaines de travail par mois notamment dans les commissions. Ici, il n'y pas de pénalités financières. Si le député sèche, personne ne tient les compteurs des présences. C’est pourtant là, comme nous l’explique la présidente écologiste de la commission des Transports, Karima Delli, que se préparent les lois : "Le vrai travail, il est en commission. C'est ici que l'on assiste aux auditons et que va se faire la négociation avec les autres partis politiques. C'est là que l'on travaille réellement le fonds des dossiers."

Florian Philippot n'a assisté à aucune réunion

Mais les députés français viennent-ils en commission ? Impossible de le savoir sans éplucher les procès verbaux de toutes les séances. Nous avons donc passé au peigne fin 2 113 procès verbaux, et voici les résultats.

En haut du classement figure Dominique Riquet du mouvement radical avec 98% de présence en commission des Transports. On retrouve ensuite Karima Delli suivie de près par le socialiste Eric Andrieu. Nous nous sommes aussi intéressés à ceux qui souhaitent être réélus, alors qu’ils ont participé à moins de 50% des commissions.

En bas de classement, Florian Philippot n’a assisté à aucune des 44 réunions de sa commission des pétitions. Questioné, ce dernier n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet. A l’avant dernière place, on retrouve la communiste Marie-Pierre Vieu avec 30% de présence. Récemment arrivée au Parlement, elle dit avoir priorisé certains dossiers, notamment sur la réglementation du temps de travail ou sur la gestion des corridors maritimes. 

Avec 43% d'assiduité, l’écologiste Michèle Rivasi affirme aussi avoir priorisé certains dossiers comme la lutte contre les pesticides. Avec le même score, le député les Républicains, Brice Hortefeux n'a pas souhaité nous répondre. Pas de réponse non plus du communiste Patrick Le Hyaric avec un taux de présence de 41%. 

On ne doit pas non plus devenir des fonctionnaires de l’UE

Nicolas Bay

D’autres asssument, à l’instar du souverainiste Nicolas Bay, qui a assisté à 42% des séances : "On ne doit pas non plus devenir des fonctionnaires de l’UE, nous avons un mandat pour être présent dans le travail en séance plénière, dans le travail en commission mais aussi dans le débat politique et médiatique, c’est aussi notre responsabilité".

Un argument repris aussi par Nadine Morano, des Républicains. Avec 44% de présence dans sa commission de l’Industrie, elle estime que certaines séances ne sont pas indispensables : "Ces auditions, je peux les suivre devant ma télé en faisant autre chose, il ne faut pas résumer ou caricaturer le travail d'un parlementaire à une présence de bâton pour écouter des débats". 

Certains eurodéputés ont également tenu à nous préciser qu'ils siègent dans plusieurs commissions, ce qui peut parfois expliquer des taux de présence plus bas que s'ils ne siégeaient que dans une seule commission. C'est par exemple le cas de l'écologiste Yannick Jadot ou des socialistes Isabelle Thomas et Virginie Rozière, particulièrement présentes dans leurs commissions respectives. 

Bonne nouvelle pour les absentéistes, pendant la campagne électorale, il n’y a plus de commissions. Mais pour les nouveaux députés, dès juillet prochain, les feuilles de présence seront de retour. Promis, on y jettera un oeil.     

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