Préaux-du-Perche : vitraux de poilus

a revoir

Présenté parElise Lucet

Diffusé le 18/03/2014Durée : 00h48

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Dans l'église de Préaux-du-Perche, en Normandie, un écrivain a découvert des vitraux représentant des poilus. Ils ont été réalisés juste après le conflit pour honnorer la mémoire de ces hommes morts pour la France. 18 soldats dont l'historien a retracé le parcours.

Dans ce village de Normandie, un homme sur quatre n'est pas revenu de la Grande Guerre. Patrick Bard connaît cette histoire, mais, il y a quatre ans, il fait une découverte unique en entrant par hasard dans cette église Il voit des scènes de combats, des soldats. Il reconnaît sur les vitraux, le visage des habitants morts à la guerre.

Ce qui m'a sauté aux yeux, c'est la beauté plastique que le temps a apportée a ces portraits, en les dégradant, tout en leur amenant quelque chose d'onirique.

La Première Guerre mondiale a fait 9 millions de morts en quatre ans. Pour honorer leur mémoire, il y a leurs noms sur les monuments aux morts, et dans cette église, leurs visages peints sur des vitraux. Depuis deux mois, tout le village est mobilisé. Le vitrail commence à s'effacer et il faut le restaurer. A 10 mètres de hauteur, on ne voit presque plus ces petits portraits. C'est dans cet atelier que les 18 vitraux vont renaître. L'opération consiste à réaliser un double, une sorte de négatif, pour renforcer les ombres disparues avec le temps.

J'enleve la grisaille pour retrouver les lumières du visage, pour redonner vie au personnage.

Il ne reste plus qu'à poser l'un sur l'autre, le nouveau et l'ancien vitrail.

On voit un peu plus le nez, les pommettes, la moustache. J'essaye de redonner au visage ses expressions d'origine.

Dix-huit visages, dix-huit noms. Parmi eux, Jules Ferré, un soldat mort d'épuisement, deux jours après l'armistice. Patrick Bard a voulu retracer les derniers moments de la vie de ce soldat, et il a retrouvé sa petite-nièce. Elle connaissait l'existence du vitrail, mais n'avait jamais ressorti ces documents d'époque.

C'est la 1re fois que presque tous les hommes qui partaient, savaient lire et écrire. Les greniers français sont pleins de ces récits.

Des lettres avec sa soeur et des photos du front.

Les uniformes sont dépareillés, les soldats sont amaigris et sales. On voit qu'ils en bavent.

Patrick voulait avoir des témoignages. Je ne les avais jamais lus. Maman avait retranscrit toutes les lettres.

"Je ne pense pas être rentré pour la moisson. Je ne vois pas pourquoi nos députés ne s'occupent pas de faire finir la guerre". C'était pas un soldat né.

Jules écrit quand il tue pour la première fois, et aussi ce jour où il a participé à un massacre, malgré lui.

Aujourd'hui, on a attaqué des positions, et on a asphyxié des Allemands dans leurs abris. Il rajoute : "C'est une honte des choses pareilles". On ne sent pas du tout la haine de l'ennemi.

Il a fallu deux ans de recherches pour publier un livre de mémoires. Cent ans après, les 18 hommes du village de Préaux-du-Perche ont retrouvé un visage et une histoire.

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