VIDEO. Quand les politiques se défendent en dénonçant une "manipulation"

"Ce n'est pas la justice que l'on cherche, mais à me casser", a réagi, jeudi, François Fillon, sous le feu des accusations. Le candidat de la droite à la présidentielle suggère l'existence de manipulations à l'origine des révélations sur l'emploi présumé fictif de son épouse.

FRANCEINFO

Accusé d'avoir confié un emploi fictif à son épouse, François Fillon est sur la défensive. Certains de ses soutiens contre-attaquent, en dénonçant des manipulations et des règlements de comptes.

Ainsi, le député Les Républicains Eric Ciotti est convaincu d’avoir trouvé l’origine des fuites dans l’affaire Penelope Fillon. "Les éléments qui sortent, les contrats, les chiffres (...), il n'y a qu'un lieu où tous ces éléments sont recensés de manière exhaustive, c'est à Bercy", a-t-il estimé sur franceinfo, jeudi 2 février, avant de souligner qu'Emmanuel "Macron profite de cette situation".

Accuser à son tour, un classique des "affaires"

Des accusés qui accusent, une ligne de défense déjà utilisée dans d'autres dossiers. Mis en cause par Mediapart, à la fin 2012, Jérôme Cahuzac avait d’abord évoqué de "faux documents". "[Les journalistes de Mediapart] n’ont pas accepté de produire le moindre document étayant leurs affirmations délirantes", avait-il lancé.

Par ricochet, l’affaire Cahuzac est brandie par d’autres personnalités pour instiller à leur tour le soupçon. Lors du renvoi de Nicolas Sarkozy devant la justice, en 2016, Frédéric Péchenard déclare que "le parquet n’est pas indépendant du pouvoir politique" et que, "bien évidemment", l'ancien président de la République est victime d'un complot politique.

Complot ? Le mot est utilisé par Bernard Tapie, en 2013, lui qui est accusé d’avoir bénéficié d’un arbitrage financier généreux dans l'affaire du Crédit lyonnais. Pour venir à la rescousse de Dominique Strauss-Kahn, le député PS François Loncle refuse ce terme, mais évoque toutefois de possibles échanges entre les dirigeants du groupe d'hôtels Accor et "des officines" en France.

François Fillon, candidat à la présidentielle, participe à un meeting à Charleville-Mézières (Ardennes), le 2 février 2017.
François Fillon, candidat à la présidentielle, participe à un meeting à Charleville-Mézières (Ardennes), le 2 février 2017. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)