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[Vidéo] En meeting à Paris, Marine Le Pen exhorte les électeurs à "se battre" pour "arriver au pouvoir"

Lors de son meeting national à Paris vendredi 1er juin, Marine Le Pen avait un objectif : mobiliser son électorat et éviter que le soufflé gonflé lors de l'élection présidentielle ne retombe. La présidente du FN a appelé les électeurs à se battre.
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Marine Le Pen a appelé les électeurs à se mobiliser vendredi 1er juin lors de son meeting national à Paris (JOEL SAGET / AFP)

Lors de son meeting national à Paris vendredi 1er juin, Marine Le Pen avait un objectif : mobiliser son électorat et éviter que le soufflé gonflé lors de l'élection présidentielle ne retombe. La présidente du FN a appelé les électeurs à se battre.

Quelques 1000 personnes se sont rassemblées ce vendredi 1er juin pour écouter Marine Le Pen lors de son meeting national à la salle équinoxe à Paris.

La présidente du Front national (FN) a quitté sa circonscription d'Hénin Beaumont le temps d'un discours parisien avec un objectif : remobiliser ces électeurs qui l'ont hissée à 17,9% au premier tour de l'élection présidentielle. Un vote qui l'a menée en tête ou seconde dans 116 circonscriptions.

Ce réservoir, Mme Le Pen veut l'exploiter pour qu'un maximum de candidats du "Rassemblement bleu marine" atteigne le second tour des élections législatives.

"La seule vraie opposition"

"Nous ne sommes pas là pour témoigner, nous sommes là pour arriver au pouvoir", a-t-elle lancé aux militants. "Français, bougez-vous, j'ai besoin de votre entière mobilisation", "battez-vous" a poursuivi Mme Le Pen, "nous pouvons décrocher des sièges à l'Assemblée nationale".

"Envoyez des patriotes convaincus, qui ne connaissent que trois couleurs : le bleu, le blanc… ", "le rouuuuge", lui répond la salle.

Fustigeant sans surprise l'UMP et le PS qu'elle assimile, la candidate dans la 11ème circonscription du Nord-Pas-de-Calais a présenté le FN comme la seule "vraie opposition" capable de faire de l'assemblée, "une assemblée vraiment nationale".

"Voter UMP ne sert à rien", a-t-elle lancé à une salle plus que réceptive et prête à agiter les drapeaux tricolores distribués à l'entrée à chaque salve contre ce parti. "Choisir l'UMP, c'est choisir la dilution de la France dans le magma mondialiste", a ajouté Mme Le Pen.

"L'enfumage, c'est maintenant"

Autre cible qui rencontre un écho chez les militants présents durant le discours : François Hollande. La présidente du FN a ainsi évoqué le soir du 6 mai et "les drapeaux étrangers et communautaires" aperçus dans la foule à la Bastille. "Triste présage d'un quinquennat qui s'annonce sous les couleurs de l'étranger et du communautarisme".

Mme Le Pen a aussi attaqué le président sur sa politique européenne, le qualifiant d'"allié" d'Angela Merkel au même titre que Nicolas Sarkozy dont M. Hollande assurerait la continuité.

Elle a aussi affirmé son opposition à une intervention en Syrie évoquée par le chef de l'Etat. "Vous avez aimé la Libye ? Vous adorerez la Syrie", a lancé Mme Le Pen avant d'ajouter : "La France doit cesser de faire les guerres des autres et d'y laisser ses fils", enflammant la salle qui entonne des "Marine, Marine, Marine".

Enfin Arnaud Montebourg a été érigé en "responsable en chef de l'enfumage électoraliste". Mme Le Pen assimilant les méthodes du ministre du redressement productif à celles de "Sarkozy avec la sécurité et Guéant avec l'immigration" : "Courir d'un lieu à l'autre, convoquer les caméras, et masquer l'inaction la plus totale".

Elle a ensuite dénoncé la nomination de Christiane Taubira à la justice, "une indépendantiste qui soutient de la désintégration de la République".

Conclusion de Mme Le Pen : "L'enfumage c'est maintenant, l'échec c'est maintenant, le changement ce sera encore pour plus tard".

Des députés qui auront "l'amour de la France comme carburant"

Enfin, la président du FN a affirmé vouloir "faire entrer le peuple dans sa maison" et faire entendre "la parole aux oubliés".

Rejetant toute responsabilité dans l'échec de M. Sarkozy, elle a dénoncé la volonté de l'UMP d'empêcher l'élection de députés FN, avant de brosser le portrait, forcément parfait, de l'élu du "Rassemblement bleu marine" qui entrerait à l'Assemblée nationale.

Un député qui "aura l'amour de la France comme carburant", qui "dira tout haut dans l'hémicycle ce que les Français pensent si fort", qui sera "transgressif sans concessions» et qui "commencera par se retrousser les manches et aller au charbon", contrairement aux "députés de salon", et leurs "petites magouilles".

Ces élus proteraient le programme du "Rassemblement bleu marine", dont Mme Le Pen a souligné les thèmes principaux. Le protectionnisme, l'arrêt de l'immigration, l'accès aux soins, la "lutte contre les fraudeurs et les profiteurs qui abusent de la solidarité nationale", allusion aux bénéficiaires de l'Aide médicale d'Etat qu'elle veut supprimer pour les sans-papiers.

Avant d'évoquer la détection des "trains de vie suspects", "de ces pseudo-chômeurs qui roulent en grosses cylindrées". Mais aussi "la mise au pas des 5000 caïds qui polluent nos quartiers", avec la suppression des remises automatiques de peines, et la présomption de légitime défense pour les policiers.

Dans la salle, le discours de Mme Le Pen a ravit les militantes Lucienne et Claudine, deux retraitées du 92. "Ca nous regonfle, ça nous donne du courage", affirment-elles en cœur. Alexandre Simmonot, candidat dans la 3ème circonscription du Val d'Oise se sent aussi revigoré : "Ca nous donne un coup de dynamisme", dit-il, rappelant qu'il se trouve "dans une terre de mission, le 92, où ce n'est pas facile de convaincre".

Crédité par les sondages de 15 à 16 % d'intentions de vote au premier tour, le FN espère maintenir ses candidats dans 150 à 200 circonscriptions, provoquant des triangulaires qui risquent de mettre de nombreux candidats UMP en difficulté.

Revoir l'intégralité du meeting ici

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