Un sénateur soupçonné d’avoir triché sur son patrimoine

La Haute autorité pour la transparence de la vie publique a annoncé vendredi avoir transmis au parquet national financier le dossier du sénateur UDI Aymeri de Montesquiou, soupçonné d'avoir sous-évalué son patrimoine.

(Aymeri de Montesquiou aurait notamment omis de déclarer deux comptes bancaires au Luxembourg et en Suisse © Maxppp)

Le sénateur centriste Aymeri de Montesquiou, dont l'immunité parlementaire a été récemment levée dans le cadre de l'affaire du "Kazakhgate", est soupçonné par la Haute Autorité de transparence de la vie publique d'avoir sous-évalué son patrimoine de plusieurs millions d'euros.

Deux comptes bancaires à l’étranger non-déclarés

L'organisme estime ainsi qu'il existe "un doute sérieux quant à l'exhaustivité, l'exactitude et la sincérité de ses déclarations". Elle cite dans un communiqué "l'omission d'oeuvres d'art et d'avoirs importants détenus à l'étranger ainsi que de la sous-évaluation de son patrimoine immobilier".

Aymeri de Montesquiou aurait omis de déclarer deux comptes bancaires au Luxembourg et en Suisse, dotés chacun de plusieurs centaines de milliers d'euros, et sous-évalué de plus de 50% un appartement parisien. Le parquet national financier devrait prochainement ouvrir une information judiciaire.

Immunité levée lors du "Kazakhgate"

Le bureau du Sénat avait levé en mars l'immunité du sénateur centriste du Gers, impliqué dans une enquête sur des soupçons de commissions perçues dans le cadre de contrats conclus avec le Kazakhstan. Peu de temps après, Jean-François Etienne des Rosaies, chargé de mission à l'Elysée sous Nicolas Sarkozy, a été mis en examen dans cette enquête du chef de corruption publique d'agent étranger, notamment.

Les noms d'anciens proches de Nicolas Sarkozy et de son ex-secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant apparaissent dans cette affaire de rétrocommissions présumées. Une information judiciaire a été ouverte le 18 mars 2013 pour blanchiment en bande organisée, corruption active d'agents publics étrangers et complicité et recel de ces délits.