Harcèlement : un rapport assure que "100% des femmes ont déjà été importunées, suivies ou agressées" dans les transports

Le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) remet, jeudi, un rapport à la secrétaire d'Etat chargée des Droits des femmes, qui appelle à "mobiliser la société dans son ensemble" face à un phénomène d'une ampleur impressionnante.

Une femme marche dans le métro, à Paris, le 28 octobre 2010.
Une femme marche dans le métro, à Paris, le 28 octobre 2010. (MIGUEL MEDINA / AFP)

"Chacune doit pouvoir se déplacer librement, sans crainte d'être importunée, dans les transports et dans l'espace public en général." Dans les colonnes de La Croix, la secrétaire d'Etat chargée des Droits des femmes Pascale Boistard, appelle à "mobiliser la société dans son ensemble", alors que le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) lui remet, jeudi 16 avril, un rapport sur le harcèlement dans les transports.

Massifs, violents, dégradants et souvent occultés, le harcèlement et les violences sexuelles dans les transports en commun sont peu reconnus et combattus, révèle le document. Or, d'après le HCEfh, pas une femme n'échappe au harcèlement. "100% des femmes ont déjà été importunées, suivies ou agressées dans le bus, le tram, le métro ou le RER", rapporte Le Parisien qui s'est procuré le rapport. Cela va "des insultes et autres comportements intimidants ('drague' insistante, sifflements, commentaires sur l'apparence, etc.) jusqu'à l'agression sexuelle et au viol", explique La Croix. De plus, six femmes sur dix craignent une agression ou un vol dans les transports franciliens contre trois hommes sur dix.

Une enquête pour mesurer le phénomène

Largement sous-estimées et "invisibles", ces agressions verbales ou physiques, qui touchent particulièrement les filles et les jeunes femmes, doivent être reconnues comme des "manifestations du sexisme qui affectent le droit à la sécurité et limitent l'occupation de l'espace public par les femmes et leurs déplacements", insiste le rapport. Dans Le Parisien, la présidente du HCEfh admet qu'elle n'avait "pas mesuré que c'était si grave, si massif et si pesant pour les femmes". Mais, "aujourd'hui, la parole sur le harcèlement sexiste qui empoisonne la vie des femmes se libère", se félicite la secrétaire d'Etat dans La Croix.

Pour endiguer ce phénomène, le rapport propose un grand plan national d'action intitulé "Stop au harcèlement sexiste et aux violences sexuelles sur toute la ligne". Il préconise d'abord de "définir et mesurer l'ampleur du harcèlement sexiste et des violences sexuelles", selon Le Parisien. Durant l'année 2015, "un diagnostic de ces violences 'invisibles' sera mené par l'Observatoire national de la délinquance dans les transports (ONDT). Des consultations citoyennes et comités d'usagers seront organisés."

Une grande campagne de communication

Deuxième proposition, une "grande campagne de communication". A grand renfort d'affiches, stickers, pictogrammes et messages sonores, le HCEfh espère sensibiliser les usages au harcèlement et éviter la banalisation du harcèlement dans les transports. Voici une affiche imaginée par l'association #stopharcèlementderue.

Ce soir, la team zero relou sera dans le RER A, de capes et de masques vêtue. Pour l'occasion, on s'est dit qu'on...

Posted by Stop harcèlement de rue on Tuesday, April 14, 2015

Le Haut conseil recommande aussi d'adapter et de mieux faire connaître les numéros d'alerte comme celui de la SNCF (3117) ou les bornes d'urgence sur les quais, en mentionnant explicitement "les violences" comme motif de recours. Le 3117 pourrait être généralisé à l'ensemble des réseaux de transports, avec la possibilité d'envoyer des SMS ou de télécharger des applications, préconise le rapport. Ce numéro pourrait aussi être inscrit sur tous les titres de transport.

Parmi les 15 recommandations formulées dans le rapport, il est aussi proposé de former les professionnels afin qu'ils sachent mieux réagir, mais aussi de mieux organiser les transports par bus pour plus de sécurité (arrêts à la demande à proximité de la destination finale, amplitude horaire...). Il est aussi conseillé de sensibiliser les enfants à ce phénomène dès l'école ou encore créer une plate-forme internet pour faire remonter les signalements.