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Affaire Bygmalion : les trois accusations de Bastien Millot contre Nicolas Sarkozy

Dans "L'Express", le cofondateur de l'agence de communication Bygmalion juge "difficile de penser que Nicolas Sarkozy n'était au courant de rien" concernant la possible facturation occulte de sa campagne de 2012.

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France Télévisions
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Bastien Millot, le cofondateur de l'agence de communication Bygmalion, à Paris, le 1er octobre 2014. (MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)

C'est au tour de Bastien Millot de parler. Le cofondateur de l'agence de communication Bygmalion se confie à L'Express, mardi 7 octobre. Et met en cause l'ancien chef de l'Etat, désormais candidat à la présidence de l'UMP"Difficile de penser que Nicolas Sarkozy n'était au courant de rien", affirme-t-il à l'hebdomadaire, à propos du système de double facturation mis en place par l'UMP.

Car une filiale de Bygmalion, Event & Cie, prestataire pour des meetings de Nicolas Sarkozy, est soupçonnée d'avoir fait payer à l'UMP, via un système de double comptabilité, l'organisation de plusieurs meetings de la campagne du président sortant en 2012. Quelque 18 millions d'euros auraient ainsi été affectés illégalement à cette campagne.

Mis en examen dans cette affaire, Bastien Millot, un proche de Jean-François Copé, affirme n'avoir pas été au courant de cette fausse facturation. Mais dit douter que Nicolas Sarkozy n'ait rien su. Comment étaye-t-il ses propos ? Son accusation tient en trois arguments. 

1Sarkozy connaissait le directeur d'Event & Cie

Nicolas Sarkozy a déclaré sur France 2, le 21 septembre, avoir "appris le nom de Bygmalion plusieurs semaines après la campagne présidentielle". Bastien Millot affiche son scepticisme : "Quand vous regardez certaines images télévisées des meetings, on aperçoit un homme qui accompagne le candidat Sarkozy jusqu'à la tribune, en le guidant. Cet homme, c'est Franck Attal, le directeur d'Event & Cie ! Le candidat l'a donc forcément vu à de nombreuses reprises."

 

2Sarkozy savait que ses meetings étaient coûteux

Le cofondateur de Bygmalion juge également que le candidat de l'UMP ne pouvait exiger des meetings extrêmement coûteux sans savoir que l'addition serait lourde. 
"Quand on choisit de faire 44 meetings, dit-il à L'Express, et que l'on décide de fournir les images clé en main aux chaînes de télévision, qu'on exige de faire travailler tel réalisateur de télé payé des milliers d'euros, tel aménagement scénique, telle maquilleuse, qu'on réclame trois énormes meetings - Villepinte, Concorde, Trocadéro -, et qu'on fait venir les militants par trains et cars entiers, le candidat ne peut pas totalement ignorer que la calculatrice tourne. Soyons clairs : il a pu ne pas savoir. Mais, s'il n'a pas su, c'est que ses collaborateurs ont eu peur de lui en parler."

3Sarkozy était responsable des comptes de campagne

Enfin, Bastien Millot assène l'argument massue : "Une campagne se déroule au bénéfice d'un candidat et sous sa responsabilité. C'est bien le candidat lui-même qui signe le compte de campagne à la fin, avec une responsabilité légale et financière. Il est donc difficile d'imaginer qu'il l'ait signé sans regarder."

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