Présidentielle 2017 : qui sont les probables candidats à la primaire UMP ?

Le bureau politique de l'UMP a approuvé, mardi, la charte définissant les conditions qui encadreront la primaire ouverte du parti en 2016. 

De gauche à droite, Nicolas Sarkozy, Christian Estrosi, NKM, alain Juppé et Laurent Wauquiez lors d\'un meeting de l\'UMP à Bordeaux (Gironde), le 22 novembre 2014.
De gauche à droite, Nicolas Sarkozy, Christian Estrosi, NKM, alain Juppé et Laurent Wauquiez lors d'un meeting de l'UMP à Bordeaux (Gironde), le 22 novembre 2014. (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

Adoptées. Détaillées en sept chapitres, les modalités de la primaire ouverte de l'UMP pour la présidentielle 2017 ont été approuvées, mardi 7 avril, par le bureau politique du parti présidé par Nicolas Sarkozy.

Cette primaire se déroulera en deux tours les 20 et 27 novembre 2016. Les votants devront débourser 2 euros à chaque tour et signer un texte où il est écrit : "Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m’engage pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France." Chaque candidat devra être parrainé par au moins 20 parlementaires, au moins 250 élus répartis sur au moins 30 départements, et au moins 2 500 adhérents, à jour de cotisation, répartis sur au moins 15 départements. Qui sont les candidats probables à cette investiture UMP pour la présidentielle de 2017 ?

Le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy 

Ses atouts. L'ex-président de la République, 60 ans, rêve du match retour contre François Hollande. Elu à la présidence de l'UMP avec 65% des voix, il reste candidat de droite le plus populaire aux yeux des militants du parti.

Ses handicaps. Il se fait devancer dans les sondages auprès de l'ensemble des Français par Alain Juppé. Sans oublier que l'ancien chef de l'Etat est impliqué dans plusieurs affaires judiciaires en cours. 

Le maire de Bordeaux, Alain Juppé

Ses atouts. Il est loin, le temps où l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac battait des records d'impopularité, lors des grandes grèves de 1995. Le maire de Bordeaux (Gironde), 75 ans, surfe sur d'excellents sondages et bénéficie d'une image de rassembleur capable de conquérir les centristes.

Ses handicaps. Comme le note Le Figaro, Nicolas Sarkozy le devance de dix points chez les sympathisants de l'UMP. Alain Juppé a donc intérêt à ce que la primaire mobilise largement au-delà des seuls sympathisants, comme cela avait été le cas à gauche lors de la primaire socialiste, qui avait réuni 2,7 puis 2,9 millions de votants au premier et au second tour. Le maire de Bordeaux espère, selon L'Opinion, 4 millions d'électeurs.

Le député de Paris, François Fillon

Ses atouts. Premier ministre pendant cinq ans, il a dirigé la France en compagnie de Nicolas Sarkozy en 2005 à 2012. De quoi lui donner la carrure politique nécessaire pour viser l'Elysée.

Ses handicaps. François Fillon, 61 ans, a fortement baissé dans les sondages à la fin 2014. En cause, comme le note Le Parisien, sa collusion supposée avec le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet pour nuire à Nicolas Sarkozy. Le président de l'UMP juge d'ailleurs que son ancien Premier ministre est désormais "mort" politiquement. Autre problème : ses propositions de réformes n'impriment pas dans l'opinion, selon lui. François Fillon en fera d'autres dans un livre à paraître à l'automne. En attendant, Alain Juppé semble avoir pris le large dans les sondages. 

Le député de l'Eure, Bruno Le Maire

Ses atouts. L'énarque normalien de 45 ans, qui écrit "des livres en allemand que personne ne comprend", selon l'expression prêtée à Nicolas Sarkozy, a pris de l'avance sur les autres quadras ambitieux de l'UMP en se confrontant à l'ancien chef de l'Etat, dont il fut ministre des Affaires étrangères, lors de la campagne pour la présidence de l'UMP. Il a obtenu 29,18% des voix, un score honorable face à l'ancien chef d'Etat. Selon Le Figaro, le député de l'Eure "décidera d'une éventuelle candidature vers janvier 2016". A 45 ans, il sait qu'il aura d'autres opportunités.

Ses handicaps. Une image lisse de premier de la classe et une notoriété encore insuffisante, qu'il a tenté de doper en multipliant les déplacements dans toute la France lors de la campagne pour la présidence de l'UMP.

La numéro 2 de l'UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet

Ses atouts. Personnalité très médiatique, Nathalie Kosciusko-Morizet, 41 ans, a pris du poids au sein de l'UMP en ravissant le titre de numéro deux du parti à son éternel rival Laurent Wauquiez. 

Ses handicaps. La polytechnicienne peine à se débarrasser de son image de bobo parisienne. Elle dispute à Alain Juppé un électorat plutôt centriste, libéral en économie comme sur le plan sociétal.

Le numéro 3 de l'UMP, Laurent Wauquiez

Ses atouts. S'il n'est officiellement que numéro trois de l'UMP, derrière NKM, le député de Haute-Loire a, en réalité, la main sur l'organisation et "le contrôle des choix opérationnels" du parti. Il est aussi "chargé des fédérations, des élections, des adhésions et de la formation des élus". Autant dire qu'il est influent au sein de l'UMP. 

Ses handicaps. En pourfendant "l'assistanat" et l'Europe et en se posant en défenseur des "classes moyennes", Laurent Wauquiez, bientôt 40 ans, vise l'électorat le plus à droite du parti. Une tactique qui peut s'avérer payante mais aussi handicapante lors de la primaire. L'énarque normalien a été désigné tête de liste UMP pour les régionales de décembre en Auvergne-Rhône-Alpes, mais sa candidature a été combattue par l'UDI, qui le juge trop droitier. Parviendra-t-il à ravir la région au socialiste Jean-Jack Queyranne, ce qui est nécessaire pour asseoir son éventuelle participation à la primaire ?

L'ancien ministre du Travail, Xavier Bertrand

Ses atouts. L'ancien ministre du Travail, âgé de 50 ans, s'est lancé très tôt dans la course, dès septembre 2012. 

Ses handicaps. Pour rendre crédible sa candidature, il devra conquérir la région Nord-Pas-de-Calais, visée par le FN, lors des régionales. Et pour Xavier Bertrand, la confrontation avec le Front national est devenue un classique lors des scrutins. Dans son département de l'Aisne, le parti de Marine Le Pen a obtenu 38% des voix au premier tour des départementales, et 44,3% au second. De quoi droitiser la politique de Xavier Bertrand ? L'ancien ministre du Travail propose désormais le remplacement du droit du sol par un "droit à la volonté" et "veut des prestations familiales spécifiques pour les non-européens", selon Le Figaro,

Le maire de Nice, Christian Estrosi

Ses atouts. Comme Xavier Bertrand, Christian Estrosi peut prétendre incarner une droite plus régionale que la plupart des ténors du parti. Il a affirmé il y a quinze jours sur LCP qu'il "défendrait ses idées lors de la primaire".

Ses handicaps. Il n'est toujours pas investi par l'UMP à la tête de la région Paca, qui est dans le viseur du FN.