"Front républicain" après la législative dans le Doubs : à l'UMP, qui est pour, qui est contre ?

Nicolas Sarkozy doit consulter le Bureau politique du parti, mardi. Il définira la position de la formation pour le second tour, où le FN sera opposé au PS. Mais déjà, des responsables de l'UMP font entendre leur voix.

Charles Demouge, candidat UMP à l\'élection législative partielle dans la 4e circonscription du Doubs, dans un bureau de vote de Fesches-le-Châtel, le 1er février 2015.
Charles Demouge, candidat UMP à l'élection législative partielle dans la 4e circonscription du Doubs, dans un bureau de vote de Fesches-le-Châtel, le 1er février 2015. (MAXPPP)

Eliminée dès le premier tour du scrutin, dimanche 1er février, l'UMP doit désormais se prononcer sur l'attitude à adopter pour le second tour de la législative partielle dans le Doubs, qui verra s'opposer le Front national et le Parti socialiste. La droite risque de se diviser entre tenants du "front républicain" et partisans de la ligne "ni PS, ni FN".

Dès l'annonce des résultats, le gouvernement et les principaux responsables socialistes ont appelé la droite au rassemblement républicain derrière Frédéric Barbier. Le candidat PS est arrivé deuxième du premier tour, dans la 4e circonscription du Doubs, avec 28,85% des voix, derrière la frontiste Sophie Montel (32,6%).

Dans un communiqué, l'UMP a annoncé dimanche soir que son président, Nicolas Sarkozy, consulterait "le Bureau politique, réuni ce mardi, pour définir la position de notre formation pour le second tour de cette législative partielle". Une consultation de principe ? Selon Le Monde, "l’ancien chef de l’Etat a déjà pris sa décision : il n’entend pas se rallier au front républicain". Si le président de l'UMP ne s'est pas encore fait entendre, d'autres, à droite, se sont exprimés.

Ceux qui, à droite, appellent à voter PS

Nathalie Kosciusko-Morizet prône, "à titre personnel", de voter PS "contre le Front national" après l'élimination de l'UMP dans la législative partielle du Doubs. Elle défendra cette position, mardi, lors du bureau politique du parti.

"Je ne peux pas vous dire quelle sera la position de l'UMP", a expliqué, lundi, la députée de l'Essonne et vice-présidente déléguée de l'UMP sur RMC et BFMTV. "En revanche, je défendrai celle que j'ai toujours défendue, à savoir que si j'étais personnellement confrontée à ce choix, et avec regret, sans gaîté de cœur, je choisirais de voter pour le candidat qui est opposé au candidat du Front national", "en l'espèce" celui du PS.

Dominique Bussereau, ancien ministre UMP et président du conseil général de la Charente-Maritime, a appelé à voter PS pour barrer la route au Front national. "Le FN défend les idées d'extrême gauche anti-libérales et anti-européennes, a écrit le député de Charente-Maritime. Nous devons le combattre."

Jean-Pierre Grand, sénateur villepiniste, a acquiescé en jugeant que "tout autre choix serait un message mortel de soutien aux candidats d'extrême droite".

Enfin, le parti centriste de l'UDI, qui ne présentait pas de candidat et soutenait l'UMP Charles Demouge, a appelé sans hésitation à voter pour le candidat PS.

Ceux qui refusent le front républicain

Bruno Le Maire dit "non au front républicain", consistant à appeler à voter pour le candidat PS pour barrer la route au FN lors du second tour dimanche. "Parce que c'est un peu une solution de facilité, c'est une manière de se défausser, de ne pas chercher ses responsabilités, de ne pas élaborer un discours fort, de propositions qui puissent convaincre les électeurs", a estimé le député de l'Eure mardi matin, sur France Info.

Selon lui, invoquer le front républicain et donner pour consigne de voter PS, ce serait "une façon de dire à tous les électeurs qui ont voté pour le Front national : 'vous ne faites pas partie de la République'. Je ne crois pas qu'on puisse dire à quelque électeur que ce soit : 'Vous ne faites pas partie de la République'."

Luc Chatel s'est dit, lui aussi, hostile au front républicain"Le Front national n'est pas une voie, mais le front républicain n'en est pas une autre", a jugé l'ex-ministre UMP de l'Education.

Henri Guaino, député UMP des Yvelines, a jugé, lundi matin sur France Inter, que "le front républicain est une folie".

Axel Poniatowski, député du Val-d'Oise, estime sur son compte Twitter que "tout autre position que le ni-ni serait suicidaire pour l'UMP".

Laurent Wauquiez, secrétaire général de l'UMP, refuse dans une déclaration à l'AFP d'appeler à voter socialiste.  Le député de la Haute-Loire voterait "blanc".

Thierry Mariani, du courant de la Droite populaire, a exhorté l'UMP à "être fidèle à sa ligne 'ni front républicain, ni Front national'". Sinon, "nous perdrons notre crédibilité", a tweeté le député de la 11e circonscription des Français établis à l'étranger.