UMP : le prochain ultimatum de Sarkozy, c'est mardi

L'ex-chef de l'Etat réclamerait que François Fillon et Jean-François Copé trouvent une solution "avant mardi" sous peine de disqualifier "publiquement" les deux rivaux. 

Nicolas Sarkozy, le 28 novembre 2012 à Paris.
Nicolas Sarkozy, le 28 novembre 2012 à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

CHAOS A L'UMP – Les ultimatums sont à la mode à l'UMP. Nicolas Sarkozy a demandé, vendredi 30 novembre, à François Fillon et Jean-François Copé de trouver une solution à la crise de l'UMP "avant mardi". Faute de quoi il dira "publiquement" que les deux hommes sont "disqualifiés" pour diriger le parti, selon des sources de l'UMP citées par l'AFP.

Francetv info revient sur les succès relatifs et les échecs cuisants de ces coups de pression successifs. 

Ultimatum 1 : Juppé donne "jusqu'à 20 h" pour accepter son instance collégiale

La date : jeudi 22 novembre.

Atterré par une situation "désastreuse" pour l'UMP, le maire de Bordeaux a insisté : "ce n'est pas la présidence de l'UMP [qui est en jeu], c'est l'existence de l'UMP".  Soucieux de recoller les morceaux, il a proposé ses services aux deux rivaux : "Je propose la création d'une instance collégiale composée, sous ma présidence, de représentants des deux candidats et de personnalités n'ayant pas pris parti, a-t-il indiqué dans un communiqué. Ma proposition tient jusqu'à ce soir 20 heures. Au-delà, je n'ai pas l'intention de me laisser instrumentaliser dans les confrontations délétères."

Bilan : dimanche 25 novembre, le maire de Bordeaux a jeté l'éponge. Après une réunion avec François Fillon et Jean-François Copé, il constate l'échec de sa médiation, puis en appelle à Nicolas Sarkozy. "A lui de jouer", conclut-il le lendemain. 

Ultimatum 2 : Sarkozy menace de témoigner de sa "honte" "avant la fin de la journée"

La date : mardi 27 novembre 

Les rivaux ont bien fini par discuter, mais à l'initiative de Nicolas Sarkozy. Jean-François Copé et François Fillon se sont rencontrés en début d'après-midi, mardi. Selon Le Figaro.fr, l'ancien président avait menacé dans la matinée "les deux hommes de publier, avant la fin de la journée, un communiqué dans lequel il expliquait avoir 'honte' de la situation de l'UMP". 

Au cours de leur bref rendez-vous, Jean-François Copé a proposé à François Fillon la tenue d'un référendum afin de consulter les militants sur l'organisation de nouvelles élections. Une idée de Nicolas Sarkozy. Cette consultation aurait lieu "soit en décembre soit en janvier", a-t-il indiqué. 

Bilan : dans un premier temps, les deux hommes s'accordent sur ce projet. Mais dès lors qu'il est question de l'organisation de ce référendum, Jean-François Copé et François Fillon campent sur leur position. François Fillon a même annoncé la création d'un groupe dissident à l'Assemblée nationale. "Les conditions ne sont pas réunies" pour la tenue du référendum, a alors estimé Jean-François Copé.

Ultimatum 3 : les "non-alignés" demandent à Fillon de dissoudre son groupe "avant 15 h"

La date : mercredi 28 novembre

Un ténor du parti, Alain Juppé, a échoué. L'ancien président, Nicolas Sarkozy, a échoué. Les parlementaires parviendront-ils à faire entendre raison aux deux hommes ? Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire ont tenté leur propre médiation, demandant publiquement à l'ancien Premier ministre d'abandonner la création de son groupe dissident afin, éventuellement, de faciliter la tenue d'un nouveau vote des militants. Rejoint par plusieurs dizaines d'élus – ils sont 71 à la fin de cette même journée – les deux anciens ministres donnent à François Fillon "jusqu'à 15 heures", pour annoncer la dissolution de son groupe.

Le bilan : encore un échec. A 15 heures, l'ancien Premier ministre n'était pas revenu sur ses positions. Interviewée sur i-Télé, la secrétaire générale de l'UMP, Michèle Tabarot, proche de Jean-François Copé, a sifflé la fin du match : "Et bien maintenant, nous arrêtons, nous nous mettons au travail", a-t-elle annoncé.

 Ultimatum 4 : Sarkozy demande à ce qu'une solution soit trouvée "avant mardi"

La date : vendredi 30 novembre 

Toujours en coulisses, Nicolas Sarkozy est revenu tenter de résoudre la crise, en stand-by depuis l'échec de la négociation des "non-alignés". Selon des sources à l'UMP, l'ancien président aurait demandé fermement aux deux rivaux de trouver une solution "avant mardi". Sinon, a-t-il prévenu, "je dirai que vous êtes tous les deux disqualifiés pour diriger un grand parti". Une de ces sources a insisté sur le fait que l'ancien chef de l'Etat avait mis un "coup de pression" sur les belligérants, sans évoquer de date limite.

Mardi, la conférence des présidents de l'Assemblée nationale doit tirer les conséquences pratiques de la constitution d'un groupe filloniste à l'Assemblée nationale, ce qui en consacrerait l'existence. A moins que la crise ne se dénoue d'ici là. Il s'agirait alors de l'ultime ultimatum.