Sur son site Internet, l'UMP pré-mâche des questions à poser aux candidats via Twitter

Le site Internet de l'UMP mâche le travail des internautes-militants. Sur une page intitulée "Incitons-les à débattre", le site invite ses visiteurs à poser, sur Twitter, des questions pré-rédigées en direction de 4 candidats à la présidentielle.

Capture d\'écran du site de l\'UMP u-m-p.org
Capture d'écran du site de l'UMP u-m-p.org (DR)

Le site Internet de l'UMP mâche le travail des internautes-militants. Sur une page intitulée "Incitons-les à débattre", le site invite ses visiteurs à poser, sur Twitter, des questions pré-rédigées en direction de 4 candidats à la présidentielle.

La campagne présidentielle se jouera aussi sur les réseaux sociaux. Cette affirmation tourne en boucle... sur les réseaux sociaux. On n'est jamais si bien servi que par soi-même.

De fait, ces réseaux, Twitter en tête, sont bichonnés par les candidats lancés dans la course à l'Elysée et par les partis qui les soutiennent. Une guerre des clip-vidéo a déjà commencé entre les poids lourds, bataille dans laquelle tentent de s'insérer les poids moyens comme le Front de gauche.

Si les amis de Jean-Luc Mélenchon rêvent créer une communauté de "révolunautes", ceux de Nicolas Sarkozy font plus dans le basique. Ainsi le site de l'UMP a rédigé 26 questions à l'intention des internaute-militants de la majorité présidentielle.

Sur une page dédiée de son site, baptisée "Incitons-les à débattre, on veut des réponses sur Twitter", les têtes pensantes du parti ont sélectionné quatre candidats déclarés - François Hollande, Eva Joly, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon - qui doivent être soumis à la question par les utilisateurs de la Toile.

Comment "troller" ses adversaires ?

L'opération se fait en trois clics ! Premier temps : sélectionner le ou la candidat(e) ciblé(e). Les twittos - utilisateurs de Twitter - diraient plutôt candidat(e) "trollé(e)" pour signifier qu'il s'agit de polluer ou de perturber le compte Twitter de la personne visée.

Deuxième temps : sélectioner parmi les questions proposées celle qui convient le mieux à l'humeur ou à l'agressivité de l'internaute-militant qui veut "pourrir" la vie d'une des quatre victimes en campagne électorale.

Des quatre cibles potentielles, c'est Mme Le Pen qui a le plus inspiré les inventeurs du quizz pré-mâché. L'internaute a le choix entre 8 questions destinées à la candidate du Front nationale. Parmi celles-ci : "Souhaitez-vous toujours le retour de la peine de mort si vous êtes élue?", "Comment comptez-vous sortir de l'euro sans mettre le pays en faillite ?" ou bien encore "Pourquoi hurler au 'tous pourris sauf le FN' alors que Jean-Marie Le Pen est un multirécidiviste ?"

La candidate d'extrême droite devance M. Mélenchon qui, lui, est doté de 7 questions : "Vous sentir proche d'Arnaud Montebourg comme Marine Le Pen ne vous dérange-t-il pas ?", "Comment allez-vous annuler partiellement ou totalement la dette sans faire payer les petits épargnants ?" et, entre autres, "Continuez-vous de soutenir le régime d'Hugo Chavez [président du Venezuela] qui porte de graves atteintes aux libertés fondamentales ?"

De l'autonomie intellectuelle des militants

Avec 6 questions, M. Hollande n'arrive qu'en troisième position, soit parce qu'il est volontairement dévalué par ses détracteurs, soit parce qu'il les aiguillonne moins. "Comment prétendez-vous faire baisser la dette alors que vous n'arrivez même pas à désendetter votre département", est la première question proposée... et un peu dépassée. Au choix, il y a aussi "Pourquoi voulez-vous faire voter les étrangers aux élections locales ?", "Etes-vous pour la régularisation des clandestins ?" ou "Etes-vous pour la suppression des peines-plancher prévue dans le projet PS que vous avez voté ?"

Mme Joly le talonne avec 5 questions. "Cécile Duflot propose de réduire le temps de travail à 4 jours par semaine. Etes-vous favorable à cette mesure ?" le dispute à "Pourquoi choisissez-vous de faire le jeu de spéculateurs en refusant de respecter l'objectif de réduction des déficits ?" ou bien une interrogation sur "la dépénalisation du cannabis".

Le troisième et dernier clic consiste à twitter la question choisie sans avoir fait travailler ses méninges plus que ça. Tout se fait automatiquement, il suffit simplement de disposer d'un compte Twitter.

Mis à part l'aspect binaire de certaines questions dont quelques unes sont frappées au coin de la mauvaise foi, ce quizz pré-mâché - il peut inciter à réfléchir sur l'autonomie intellectuelle des militants - va sans doute inspirer d'autres partis. Et c'est le compte Facebook d'un président sortant qui pourrait bien se retrouver submergé.