Soupçons de fraudes à l'élection pour la présidence du Parti radical

Les adhérents sont invités à choisir entre Rama Yade et Laurent Hénart.

Les deux candidats à la tête du Parti radical, Rama Yade et Laurent Hénart, le 19 janvier 2011, au siège du parti, à Paris.
Les deux candidats à la tête du Parti radical, Rama Yade et Laurent Hénart, le 19 janvier 2011, au siège du parti, à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Le vote pour la présidence du Parti radical n'est pas encore fini (il se termine le 22 juin). Mais il est déjà entaché par des soupçons de fraude, samedi 21 juin. Dernière affaire en date, le Lab d'Europe 1 révèle les témoignages de deux citoyennes qui se plaignent d'avoir été inscrites de force dans la liste des adhérents du parti. Rama Yade et Laurent Hénard se disputent la tête du parti.

Adhérentes sans le savoir

Une habitante de la Seyne-sur-Mer (Var) affirme dans une attestation avoir été inscrite de force dans le fichier des adhérents. Elle dit "ne pas savoir par qui et comment a été payée (son) adhésion". Elle demande que son "adhésion soit annulée et que (son) nom soit retiré des fichiers".

Le Lab dit avoir aussi consulté un mail où "une habitante de Clichy, dans les Hauts-de-Seine, se plaint du fait qu'elle ainsi que plusieurs membres de son entourage ont reçu des mails du Parti radical, les informant qu'ils sont adhérents depuis 2012".

Fichiers gonflés

Le Canard Enchaîné a déjà fait état d'un afflux d'adhésions au parti, de "10 000" à "13 098" en deux mois en vue de l'élection pour la succession de Jean-Louis Borloo. "Le parti radical, gardien de la laïcité à la française, multiplie ses adhérents plus vite que les pains et les poissons par Jésus sur les bords du lac de Tibériade", écrivait Libération. Pour le quotidien, "les troupes du Parti radical" auraient même "été multipliées par deux en moins de deux mois".

Interrogé par l'AFP, Laurent Hénart a indiqué qu'il ne souhaitait pas réagir du fait de son statut de candidat, précisant qu'il ne participait pas aux réunions de la commission chargée de vérifier les fichiers. Il a cependant dit "regretter qu'une polémique entâche le Parti radical et les instances chargées de suivre le processus électoral". Rama Yade, qui avait demandé début mai "un scrutin équitable" a renvoyé la balle à Laurent Hénart, secrétaire général qui assure la présidence par intérim depuis le départ de Jean-Louis Borloo. "Ce serait bien que Laurent nous dise ce qu'il en est", a-t-elle suggéré.

Adhérents centenaires et nourrissons

A en croire Mediapart, tout est bon pour gonfler un peu le nombre d'adhérents. Certains n'auraient "pas encore atteint l'âge de deux ans" et une cinquantaine sont centenaires, écrit le site qui dit avoir consulté le fichier des adhérents. L'entourage de Laurent Hénart, interrogé par Mediapart, estime que ce sont "sans doute des erreurs de saisie", quand celui de Rama Yade repond qu'ils "en disent long sur le manque de transparence qui entoure ce scrutin".