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Sommet de la zone euro : Nicolas Sarkozy parle d'un accord "crédible" et "ambitieux"

Les pays de la zone euro sont parvenus à s'entendre jeudi matin sur un plan anti-crise passant notamment par une forte réduction de la dette de la Grèce. Cet accord pourrait doper la cote de Nicolas Sarkozy, à six mois de la présidentielle.
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Nicolas Sarkozy, lors d'une conférence de presse, à Bruxelles, le 27 octobre 2011. (AFP - Eric Feferberg)

Les pays de la zone euro sont parvenus à s'entendre jeudi matin sur un plan anti-crise passant notamment par une forte réduction de la dette de la Grèce. Cet accord pourrait doper la cote de Nicolas Sarkozy, à six mois de la présidentielle.

Au terme de près de dix heures de tractations, les dirigeants européens ont trouvé in extremis un compromis autour de trois points clés : la restructuration de la dette grecque, l'accroissement des capacités du fonds de soutien à l'euro et la recapitalisation des banques.

Qualifié de "crédible" et "ambitieux" par le chef de l'Etat français et de "progrès substantiels" par la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, cet accord ne signe pas pour autant la fin des difficultés de la zone euro, loin s'en faut, mais il est le plus ambitieux trouvé par les chefs d'Etat et de gouvernement de la monnaie unique depuis l'éclatement de la crise de la dette, en Grèce, fin 2009.

"Je voudrais insister sur le caractère historique des décisions qui ont été prises, elles sont extrêmement fortes, pour stabiliser, pacifier les marchés et permettre à la Grèce de retrouver le chemin d'une croissance normale", s'est ainsi félicité Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse et à quelques heures de son intervention télévisée en direct jeudi soir sur TF1 et France 2.

Voir la déclaration de Nicolas Sarkozy 27 octobre2011

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Trois décisions majeures

Premier point d'accord : l'effacement de la moitié de la dette grecque détenue par les banques créancières du pays, soit 100 milliards d'euros sur les 210 milliards d'euros de titres grecs qu'ils détiennent. Athènes recevra en outre de nouveaux prêts de l'Europe et du FMI de 100 milliards d'euros également d'ici fin 2014, dans le cadre d'un programme qui remplace celui de 109 milliards d'euros décidé en juillet.

Deuxième mesure adoptée : la sécurisation du système bancaire à travers un plan de recapitalisation des banques à hauteur de 106 milliards d'euros d'ici le 30 juin 2012, dont 8,8 milliards pour les banques françaises. ( )

Enfin, les pays de la zone euro ont décidé de porter de 440 milliards à 1.000 milliards d'euros le Fonds européen de stabilisation financière (FESF) afin d'éviter que la crise de la dette ne gagne l'Italie et l'Espagne. L'"effet de levier", qui permettra de garantir une partie de la dette en cas de défaillance de l'Etat emprunteur, sera obtenu via un double mécanisme.

Il s'agira d'une part d'assurer partiellement les dettes souveraines émises par des pays en difficulté et, d'autre part, de créer un nouveau "véhicule spécial" adossé au FESF et au Fonds monétaire international (FMI) et auquel participeront des investisseurs internationaux, comme la Chine ou d'autres grands pays émergents.

L'Italie promet mais devra confirmer

Concernant l'Italie dont la situation économique inquiète aussi les dirigeants européens, M. Berlusconi a apporté à Bruxelles une lettre promettant des réformes, qui a fait "bonne impression", selon le Premier ministre polonais Donald Tusk.

Les engagements présentés pour assainir ses finances et jugés "satisfaisants" par ses partenaires de la zone euro, visent à réduire en deux ans la dette colossale de 1.900 milliards d'euros, soit 120% du PIB actuellement, à un montant représentant 113% du PIB en 2014.

"Oui nous sommes satisfaits", a confirmé le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy au cours de sa conférence de presse. "Mais nous attendons leur réalisation", a-t-il averti.

La banque centrale européenne poursuivra "sur la même voie"

Dernier volet du système anti-crise : la poursuite de l'actuel soutien de la BCE qui maintient à flot l'Italie et l'Espagne en rachetant leur dette publique sur les marchés pour éviter que les taux d'emprunt obligataires ne s'envolent.

L'Italien Mario Draghi, qui doit succéder début novembre à Jean-Claude Trichet, a signifié mercredi qu'il poursuivrait sur la même voie en maintenant les mesures "non conventionnelles" de l'institut monétaire face à la crise.

"Je ne suis pas le porte-parole de la BCE. La BCE est une institution indépendante", a souligné M. Sarkozy lors de la conférence de presse, avant d'ajouter : "M. Draghi ne nous a pas interrogés avant de prendre cette décision, nous ne lui avons rien demandé, mais il est permis de se réjouir de ce qu'il a dit, qui est assez clair", a-t-il dit, insistant ensuite sur ces rachats de dette.

Reportage de Valéry Lerouge France 2, le 27 octobre 2011

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