"Comme si Ségolène Royal dérangeait" : quelques figures du Parti socialiste défendent leur ancienne collègue

Les cadres du Parti socialiste sont parfois gênés pour réagir aux derniers rebondissements concernant Ségolène Royal, mais ses soutiens estiment toujours qu'elle est visée parce qu'elle dérange le gouvernement. 

Vue d\'un bureau du Parti socialiste, dans les anciens locaux rue de Solférino, à Paris, le 18 décembre 2017.
Vue d'un bureau du Parti socialiste, dans les anciens locaux rue de Solférino, à Paris, le 18 décembre 2017. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Que pense-t-on de Ségolène Royal au sein de son ancienne formation, le Parti socialiste (PS) ? L'ambassadrice des pôles, sur le point d'être démise de ses fonctions par le gouvernement pour ses critiques récurrentes de la politique d'Emmanuel Macron, fait également l'objet d'une enquête préliminaire du Parquet national financier. Le PNF veut faire la lumière sur l'utilisation des moyens mis à sa disposition en tant qu'ambassadrice, dans la lignée des révélations de la cellule investigation de Radio France. Ses soutiens estiment toujours que l'on veut la faire taire, quand les cadres actuels du Parti socialiste sont plutôt embarrassés.

Olivier Faure : "Ségolène Royal n'est pas au PS"

Le Premier secrétaire du PS a été d'abord un peu mal à l'aise, surpris par une question sur Ségolène Royal mercredi 15 janvier, lors de sa conférence de presse sur la contre-réforme des retraites. L'annonce de l'enquête du parquet national financier est venue perturber le plan de communication d'Olivier Faure : "Ségolène Royal n'est pas au PS, donc je ne sais pas pourquoi vous m'adressez cette question."

Guillaume Garot : Ségolène Royal a "respecté l'ensemble des règles"

Au Parti socialiste, rares sont ceux qui prennent la parole. Le député Guillaume Garot, soutien de Ségolène Royal, estime que "semaine après semaine, on lui cherche des noises". Selon lui, l'ancienne ambassadrice n'a rien à se reprocher sur le fond. "Il n'y a pas eu utilisation dévoyée des moyens de l'État, elle a scrupuleusement respecté l'ensemble des règles. Je rappelle que comme ambassadrice, elle est soumise à des contrôles au sein du ministère des Affaires étrangères et tout ça a été parfaitement vérifié, puis validé."

"S'il y a une enquête de justice, bien sûr qu'elle y répond, assure Guillaume Garot. Mais on voit quand même un enchaînement depuis toutes ces semaines, comme si Ségolène Royal dérangeait."

Rachid Temal : "Une volonté de faire taire une voix forte"

Cet "enchaînement" est dénoncé par d'autres figures du Parti socialiste. Rachid Temal par exemple, s'interroge sur la concordance des temps entre l'annonce de son "licenciement" et celle de l'enquête en cours. "C'est une surprise d'apprendre le même jour à la fois le courrier du ministère et en même temps cette enquête", souligne-t-il à franceinfo.

"Il y a maintenant près d'un mois et demi, des députés de la majorité avaient annoncé qu'ils voulaient exclure Ségolène Royal du corps des ambassadeurs. Ségolène Royal est ambassadrice des pôles depuis septembre 2017 : il y a manifestement des déclarations qui n'ont pas posé problème au gouvernement et d'autres qui semblent poser problème. Il y a bien une volonté de faire taire une voix forte", affirme Rachid Temal.

Le député ne s'engage pas, en revanche, sur le fond du dossier : "À propos de la justice, je ne fais pas de commentaire d'une affaire qui vient d'être ouverte. Ségolène Royal a dit qu'elle répondrait. Moi, je vous dis qu'il faut laisser le parquet national financier faire son travail."