Quatre petits conseils de Patrick Buisson à Nicolas Sarkozy durant son quinquennat

"Le Monde" a publié, mercredi, les notes politiques de l'ancien collaborateur de l'ex-président de la République.

Patrick Buisson, le 15 octobre 2012 à Paris.
Patrick Buisson, le 15 octobre 2012 à Paris. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Après les enregistrements, les petites notes. Le journal Le Monde a dévoilé, mercredi 30 septembre, une série de conseils rédigés par Patrick Buisson, lorsqu'il était proche collaborateur de Nicolas Sarkozy, président de la République. Entamé en 2007, ce "journal du quinquennat" contient des centaines de conseils et de compliments élogieux adressés à Nicolas Sarkozy.

Stratégie politique, plan de communication, conseils en nomination... A travers ces lignes, l'ancien journaliste du journal d'extrême droite Minute, dévoile sa véritable emprise sur le chef de l'Etat. Ces notes se trouvent désormais entre les mains du juge Serge Tournaire, chargé d'enquêter sur l'affaire des sondages de l'Elysée.

Eviter les ministres "glamour", promouvoir les plus "loyaux"

En 2010, à dix-huit mois de l'élection présidentielle, Patrick Buisson évoque la composition d'un futur gouvernement en cas de remaniement : "L'idée qui consiste à mettre Copé à Beauvau et Brice [Hortefeux] à l'UMP est politiquement la plus pertinente : elle évite une guerre Fillon-Copé. (...) Copé à Beauvau sera (...) confronté à  une obligation de résultats : (...) son investissement sera total et loyal. Pécresse à la Justice est trop glamour. Malgré tous ses défauts, Alliot-Marie incarne bien la rigueur de la fonction." Les relations entre François Fillon et Jean-François Copé ont été tendues durant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy, rappelle Le Figaro, l'un critiquant l'ambition active du chef de l'UMP à l'Assemblée nationale, l'autre dénonçant le manque de "collectif" du chef de gouvernement.

Nommer un "libéral sarko-compatible" 

Le remaniement post-législatives de 2007 est aussi l'occasion pour Patrick Buisson de placer ses protégés. Pour le secrétariat d'Etat au Commerce extérieur, le conseiller verrait bien Hervé Novelli, l'un de ses amis de jeunesse, militant à Occident, un mouvement d'extrême droite, rappelle Le Monde"Un libéral 'sarko compatible', ce ne serait pas de trop", suggère Patrick Buisson.

Se montrer toujours de face, pour être plus sympathique

En tant que conseiller touche-à-tout, Patrick Buisson rédige aussi de nombreuses notes relatives à la "mise en scène du sarkozysme", qu'il définit comme un mélange entre "tradition et modernité". Pour parfaire son image, il conseille au président, lors de ses apparitions publiques, d'être toujours de face, car "l'image est plus sympathique, plus franche". Il lui suggère aussi de "se poser", car il est toujours filmé en train de marcher, ou alors de faire une "théorie du running président". "Mais il y a déjà le jogging. La redondance va finir par faire système", cite Le Monde.

 Miser sur le tandem "sécurité-immigration" pour la campagne de 2012

En pleine préparation de la campagne pour la présidentielle de 2012, Patrick Buisson mise une nouvelle fois sur le couple sécurité-immigration, qui avait fait le succès de Nicolas Sarkozy en 2007. "Il sera en 2012 à la puissance 3 de ce qu'il a été dans la construction du vote en 2007", prédit-il. Patrick Buisson propose de systématiser les opérations spectaculaires comme celle de Tremblay (Seine-Saint-Denis), où le président avait tenu un discours de fermeté sur thème de l'insécurité, et de communiquer sur le sujet sans retenue.