Répression de la négation des génocides : vif échange entre MM. Sarkozy et Erdogan

La Turquie a coupé les ponts diplomatiques avec la France qui a voté un texte de loi pénalisant les génocides, dont celui des Arméniens. Le premier ministre turc accuse la France d'avoir commis un "génocide" en Algérie. Alain Juppé se montre irrité.

Nicolas Sarkozy à Prague le 23 décembre2011
Nicolas Sarkozy à Prague le 23 décembre2011 (FranceTV)

La Turquie a coupé les ponts diplomatiques avec la France qui a voté un texte de loi pénalisant les génocides, dont celui des Arméniens. Le premier ministre turc accuse la France d'avoir commis un "génocide" en Algérie. Alain Juppé se montre irrité.

Nicolas Sarkozy a invité vendredi matin les autorités turques à "respecter" les convictions de la France après la réaction virulente d'Ankara au vote, par l'Assemblée nationale, d'une proposition de loi pénalisant la négation des génocides.

"Je respecte les convictions de nos amis turcs, c'est un grand pays, une grande civilisation, il faut respecter les nôtres", a dit le chef de l'Etat qui s'exprimait devant quelques journalistes à l'ambassade de France à Prague, où il est venu assister aux funérailles nationales de l'ancien président tchèque Vaclav Havel.

Quelques heure auparavant, Recep Erdogan, le premier ministre turc avait accusé la France d'avoir commis un "génocide" en Algérie et Nicolas Sarkozy de jouer sur "la haine du musulman et du Turc" à des fins électoralistes. Le chef de l'Etat n'a pas encore annoncé officiellement sa candidature mais d'aucun le soupçonne de vouloir se ménager le soutien des Français d'origine arménienne.

L'interview de Nicolas Sarkozy réalisée le 23 décembre 2011 par Guillaume Daret de France 2

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Rappel de l'ambassadeur de Turquie

La veille, le premier ministre turc avait ordonné en représailles la suspension des visites bilatérales et le rappel pour consultations de l'ambassadeur de Turquie en France. Il avait ajouté que "les exercices militaires communs avec la France et toutes les activités militaires avec ce pays avaient été annulés" pour protester contre l'adoption de ce texte.

Dans le soirée, Alain Juppé, qui ne cache pas son opposition à l'adoption du texte, avait indiqué que la France "regrettait" les décisions de la Turquie, tout en appelant Ankara à ne pas "surréagir".

Alain Juppé désapprouve le vote du texte

De Bordeaux, ville dont il est maire, le ministre des Affaires étrangères a appelé vendredi matin "au sang-froid" et "à la retenue", après les dernières propos de M. Erdogan, regrettant des "déclarations sans doute excessives".

"Il y a beaucoup de raisons de maintenir entre la France et la Turquie des relations de confiance et même d'amitié, j'ose le mot (...) Donc j'appelle au sang-froid et à la retenue", a déclaré M. Juppé, ajoutant toutefois, en parlant de l'adoption du texte sur la répression de la négation des génocides par les députés français, que "cette initiative n'était pas opportune".

Il est à noter que le vote de cette propsoition de loi a été voulu par M. Sarkozy. Reste à savoir si le jugement négatif porté par le ministre des Affaires étrangère, pods lourd du gouvernement, s'adresse aussi au président de la République ?

La déclaration d'Alain Juppé au micro de David Basier de France 2

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