Fusion de l'Ardèche et de la Drôme : "S'il y avait une proposition sérieuse, il y aurait une levée de boucliers"

Invité sur BFMTV, le secrétaire d'Etat André Vallini a évoqué la possibilité de fusionner plusieurs départements à l'avenir, comme les deux Savoie ou l'Ardèche et la Drôme. Hervé Saulignac, le président PS du conseil départemental de l'Ardèche, est fortement opposé à cette option.

L\'hôtel du département de l\'Ardèche à Privas.
L'hôtel du département de l'Ardèche à Privas. (GOOGLE STREET VIEW)

A terme, "certains départements pourraient fusionner", a indiqué André Vallini, au micro de BFMTV, vendredi 31 juillet. Le secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale a cité par exemple le cas des deux Savoie ou celui de l'Ardèche et de la Drôme. Cette dernière option n'est pas vraiment au goût d'Hervé Saulignac, le président PS du conseil départemental de l'Ardèche. Contacté par francetv info, il prédit une forte opposition locale si le projet prenait corps.

Francetv info : Comment jugez-vous les propositions d'André Vallini ?

Hervé Saulignac : Je ne suis pas étonné, car ce n'est pas la première fois qu'il émet cette suggestion. Cette fois, il a formulé sa proposition avec davantage d'habileté et de doigté que par le passé. André Vallini est dans son rôle de faire des propositions, puisqu'il est secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale. C'est une façon de sonder l'opinion et les élus. D'ailleurs, il n'a pas communiqué de calendrier. Mais je connais bien mon département et mes élus. Je pense que demain, s'il y avait une proposition sérieuse de fusion des départements, il y aurait une levée de boucliers très probable.

Selon ses promoteurs, cette fusion pourrait permettre d'être plus efficace ?

On peut être fiancés et faire un bout de chemin ensemble, sans pour autant se passer la bague au doigt. J'en ai discuté avec le précédent président du conseil départemental de la Drôme et nous avons toujours été sur la même longueur d'onde. Depuis plus de dix ans, nos deux départements travaillent ensemble sur les transports, la santé, la gestion des déchets... Mais il n'est pas nécessaire de fusionner.

Pourquoi tant d'attachement au département ?

La démocratie locale serait modifiée. Aujourd'hui, chaque département dispose d'un conseil départemental souverain, avec un budget et des délibérations. Les Ardéchois sont maîtres d'une partie de leur destin et ils veulent le rester. Je suis donc très sceptique sur ces fusions de départements. A l'heure où l'Etat apparaît affaibli, où l'Europe est de plus en plus contestée, où les régions vont prendre une place encore incertaine, il ne faut pas bousculer ce qui fonctionne bien, qui représente un cadre et un repère. Il est temps de faire une pause.