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Référendum en Grèce : un scrutin indécis au résultat crucial

Dix millions de Grecs sont appelés à voter ce dimanche pour dire "oui" ou "non" aux propositions soumises par les créanciers du pays en contrepartie de leur assistance financière. Un référendum indécis dont le résultat sera crucial pour l'avenir du premier gouvernement d'Alexis Tsipras, mais aussi pour la place de la Grèce dans l'Europe.
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Radio France
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  (A Athènes, les électeurs sont arrivés tôt © SIPA/AP - Thanassis Stavrakis)

"Acceptez-vous le projet d'accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international lors de l'Eurogroupe du 25/06/2015 et composé de deux parties, qui constitue leur proposition unifiée ? " Voici la question complexe qui est posée ce dimanche à dix millions d'électeurs grecs et à laquelle ils doivent répondre par "Oui" ou par "Non".

Un référendum indécis dont le résultat sera crucial pour le pays et pour les Grecs, qui retiennent leur souffle depuis une semaine. Le reportage à Athènes de Célia Quilleret
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Un test crucial pour le gouvernement Tsipras

Après cinq années d'austérité et une dernière semaine particulièrement mouvementée, les Grecs ont l'occasion d'envoyer un message fort à l'Europe et à leur gouvernement. Si le "Oui" l'emporte au référendum, ce sera un désaveu pour le gouvernement d'Alexis Tsipras et cela pourrait ouvrir une période d'instabilité politique.  Si le "Non" sort des urnes, le Premier ministre, qui a fait activement campagne dans ce sens cette semaine, sera renforcé dans sa position vis-à-vis de l'Europe. Mais un "Non" fait aussi peser la menace d'un "Grexit" sur le pays, autrement dit sa sortie de la zone euro. 

Légère avance pour le "Oui" dans les sondages

L'incertitude plane autour de l'issue de ce scrutin, dans un pays qui n'avait pas organisé une telle consultation depuis 40 ans. Vendredi, les partisans du "Oui" et ceux du "Non" se sont rassemblés dans deux manifestations d'ampleur équivalente à Athènes et les derniers sondages donnent une légère avance au "Oui", avec 44,8 % des intentions de vote, contre 43,4 % pour le "Non". Les indécis pourraient donc faire la différence puisque selon ce même sondage de l'institut Alco, publié vendredi dans un journal grec, ils représenteraient 11,8 % des électeurs.

"La reprise des négociations prendra un moment"

Quel que soit le résultat final, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a déclaré qu'il s'attendait à un accord avec les créanciers lundi, alors que le minsitre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a assuré que même en cas de victoire du "Oui", la reprise des négociations "prendrait un moment ".

Claude Bartolone, le président socialiste de l'Assemblée Nationale appelle lui les dirigeants européens à prendre un peu de recul, et à ne pas pousser la Grèce vers une crise qui pourrait emporter toute l'Europe. Pour Claude Bartolone, il faut de l'audace pour sortir de ce blocage.

"On ne peut pas accepter que l'Europe laisse la main aux agences de notation" Claude Bartolone
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Résultat attendu dans la soirée

Depuis mercredi, la Grèce est en situation de faillite puisqu'elle n'a pas remboursé sa dette de 1,6 milliard d'euros au FMI. Le gouvernement grec n'a pas accepté les réformes proposées par ces créanciers et Alexis Tsipras a décidé de maintenir ce référendum qu'il avait annoncé le 26 juin. Les bureaux de vote ont ouvert à 7h (6h heure française) et fermeront à 19h (18h, heure française). Le résultat est attendu en fin de soirée.

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