Réactions convenues à l'entretien présidentiel du 14 juillet : la droite se gausse, la gauche applaudit

Après l'entretien accordé par le chef de l'État, samedi 14 juillet, à France 2 et à TF1, les réactions de l'opposition et de la majorité sont plutôt convenues. Pour l'UMP, il s'agit d'une présidence de "l'esquive". Au PS, on parle de "volontarisme".

Jean-François Copé et Christian Jacob discutent à l\'Assemblée, le 29 mars 2011.
Jean-François Copé et Christian Jacob discutent à l'Assemblée, le 29 mars 2011. (AFP - Jacques Demarthon)

Après l'entretien accordé par le chef de l'État, samedi 14 juillet, à France 2 et à TF1, les réactions de l'opposition et de la majorité sont plutôt convenues. Pour l'UMP, il s'agit d'une présidence de "l'esquive". Au PS, on parle de "volontarisme".

Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP - "François Hollande propose à la France une présidence du symbole et de l'esquive : toutes les décisions indispensables à la résolution de la crise sont renvoyées à plus tard". Sur PSA, il "nomme un expert et prévoit une concertation", sur la compétitivité, il "convoque une grande consultation des partenaires sociaux sur le financement de la protection sociale", sur la règle d'or, il "saisit le Conseil Constitutionnel".

"François Hollande a donné le sentiment d'être un cavalier qui refuse l'obstacle à chaque fois qu'il se présente devant lui, poursuit M. Copé. Ces atermoiements permanents et l'absence totale de ligne stratégique pour la compétitivité, pour l'emploi et pour l'industrie ne peuvent que contribuer à renforcer la crise". "François Hollande a été élu en pratiquant l'esquive mais il ne pourra pas gouverner à reculons".

Christian Jacob, président du groupe UMP de l'Assemblée - "Le président de la République refuse l'application de la règle d'or: son inscription dans une loi organique, qu'il a annoncée, est un écran de fumée. Si la règle d'or n'est pas inscrite dans la Constitution, on ne pourra pas se référer à elle lorsqu'un budget sera déféré devant le Conseil constitutionnel. On ne pourra donc jamais contrôler l'application de la règle d'or".

Par ailleurs, "sortir Jospin du placard pour moderniser la vie politique, on croit rêver!", s'est-il exclamé. "Si le président de la République nous invite (pour une concertation sur la modernisation de la vie politique, ndlr), bien évidemment nous répondrons favorablement. Quant à participer à une telle commission, il faut voir dans quel cadre ce sera", a-t-il ajouté.

Christian Estrosi, ancien ministre UMP - François Hollande "a utilisé toutes les armes de la politique politicienne : mauvaise foi, mensonges et démagogie !". "La mauvaise foi est à son comble quand il affirme aider les Français les plus modestes alors qu'il va augmenter la CSG et veut remettre en cause les heures supplémentaires de façon rétroactive ce qui est un scandale pour les retraités et les classes moyennes".

Nadine Morano, ancienne ministre UMP - "Le Président se donne bonne conscience avec l'utilisation galvaudée du mot normal mais qui lui revient bien vite en boomerang, rattrapé par le comportement anormal de sa compagne qu'il a désavouée publiquement", écrit-elle sur son blog.

Marielle de Sarnez, députée européenne (MoDem) - "Dans les graves difficultés que connaît la France, la volonté affirmée par la président de la République de rechercher l'apaisement et la réconciliation va dans le bon sens (...). François Hollande doit dire clairement et rapidement où nous allons (...). Un point positif enfin : l'ouverture du chantier de la moralisation de la vie publique. Loin d'être un luxe, cette moralisation est une nécessité urgente et aussi une réponse utile à la crise morale du pays".

Martine Aubry, première secrétaire du PS - "Le président de la République a su expliquer avec détermination et volontarisme, sobriété et pédagogie, le nouveau cap de la France. Il n'a rien caché de nos difficultés, ni des efforts nécessaires" tout en rappelant "l'exigence de justice qui doit présider à toutes les décisions". Il a aussi montré "une autre façon de faire de la politique : un président qui fixe les grandes orientations et se veut garant de la réconciliation nationale. Un gouvernement qui conduit réellement la politique de la nation dans le dialogue avec ses corps intermédiaires".

François Rebsamen, président du groupe PS du Sénat - François Hollande s'est "montré fidèle aux engagements qu'il a pris devant les Français". "Effort juste pour retrouver l'équilibre de nos comptes publics, redressement productif, imagination et audace pour relancer notre économie et sortir de la crise, moralisation de la vie politique, relance d'un projet européen plus ambitieux et plus solidaire, sa détermination à conduire la France vers un avenir meilleur est sans faille", s'est-il félicité.

Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG) - "François Hollande a été solennel et pédagogue (...) Il a expliqué l'effort juste qu'il demande aux Français en tenant un discours volontariste et réaliste (...) Les Radicaux de gauche saluent l'engagement du chef de l'Etat pour combattre le chômage, réduire les déficits et redonner sa place en Europe à notre pays".