Scission à la gauche du PS : "La social-démocratie est une espèce partisane en voie de disparition" en Europe

Nicolas Leron, chercheur associé au Cevipof, était invité samedi sur franceinfo.

Le logo du PS, \"le poing et la rose\", sur la porte du siège historique de la rue de Solférino, que le Parti socialiste a définitivemelnt quitté vendredi 12 octobre.
Le logo du PS, "le poing et la rose", sur la porte du siège historique de la rue de Solférino, que le Parti socialiste a définitivemelnt quitté vendredi 12 octobre. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

"Le déclin de la social-démocratie est généralisé en Europe, on peut même parler d'espèce partisane en voie de disparition", analyse, samedi 13 octobre sur franceinfo, Nicolas Leron, chercheur associé au Cevipof, co-auteur avec Michel Aglietta de La double démocratie, une Europe politique pour la croissance, paru au Seuil en 2017. "En France, le PS est en grande difficulté, en Grèce, le Pasok a quasiment disparu des radars, et même en Allemagne et dans les grands bastions sociaux-démocrates d'Europe du Nord, les partis sociaux-démocrates sont en difficulté", souligne le politologue. 

>> Après Emmanuel Maurel hier, la sénatrice PS de Paris et vice-présidente du Sénat Marie-Noëlle Lienemann a confirmé, ce matin sur franceinfo son départ du Parti socialiste

Ce déclin est dû en partie à l'Europe et ses politiques d'austérité : "La social-démocratie est confrontée à un paradoxe presque mortel : elle a toujours fait le choix de l'Europe, elle la porte dans ses valeurs, mais l'Europe, dans sa forme actuelle, l'affaiblit et la discrédite", explique Nicolas Leron. "La gauche et la droite de gouvernement ont parfois mené des politiques qui se ressemblent : 'Travailler plus pour gagner plus' de Nicolas Sarkozy, 'Le redressement dans la justice' de François Hollande et 'Libérez les énergies' d'Emmanuel Macron, ce sont toutes des politiques de l'offre qui s'adaptent aux règles budgétaires", poursuit-il.

Quand les électeurs ont le sentiment que voter centre-gauche ou centre-droit, c'est quasiment pareil, ils vont chercher l'alternance ailleursNicolas Leron, chercheur associé au Cevipofà franceinfo

Il y a cependant les exceptions de l'Espagne et du Portugal, où la social-démocratie est au pouvoir et connaît plutôt une embellie : "Il y a des possibilités pour la social-démocratie, quand elle arrive à être le centre de gravité d'un gouvernement qui reste dans l'Europe mais ne se soumet pas à toutes les règles européennes qui lui posent problème. La social-démocratie doit retrouver ses valeurs et questionner son rapport à l'Europe telle qu'elle se construit aujourd'hui", conclut le spécialiste.