Primaire de la gauche : ce que proposent François de Rugy, Sylvia Pinel et Jean-Luc Bennahmias

Ce sont les outsiders de la primaire, mais ils tentent de faire entendre leurs voix avec des propositions parfois détonantes.

François de Rugy, Sylvia Pinel et Jean-Luc Bennahmias font partie des sept candidats à la primaire de la gauche.
François de Rugy, Sylvia Pinel et Jean-Luc Bennahmias font partie des sept candidats à la primaire de la gauche. (JOEL SAGET / AFP)

Ils ne partent pas favoris, mais comptent bien sur la campagne pour mettre en avant leurs idées. François de Rugy pour le Parti écologiste, Sylvia Pinel pour le Parti radical de gauche et Jean-Luc Bennahmias au nom de l'Union des démocrates et écologistes sont considérés comme les trois "petits candidats" de la primaire de la gauche. En cause, leur manque de notoriété, et leur important retard dans les sondages – même si ceux-ci sont à prendre avec prudence, et que tout reste possible à une dizaine de jours du premier tour du scrutin.

>> L'article à lire pour comprendre la primaire de la gauche

Au bout du compte, tous les trois sont en campagne pour défendre leurs idées plutôt que pour viser la victoire. Franceinfo vous résume les principaux axes de leur programme.

François de Rugy souhaite mettre l'écologie "au cœur du projet de la gauche"

En participant à la primaire, le député François de Rugy a pour ambition de mettre "l'écologie au cœur du projet de la gauche", à travers 66 propositions détaillées sur son site internet. Sans surprise, l'écologie y tient une large place, avec la volonté de faire en sorte que les énergies renouvelables représentent 100% de la production de l'électricité en France à l'horizon 2050. Un objectif qui passera par la fermeture de toutes les centrales nucléaires de plus de 40 ans. En ce qui concerne les voitures, le président du Parti écologiste vise pour 2025 la fin du diesel et, à terme, le 100% voitures électriques ou hybrides.

Sur les questions de société, celui qui a quitté Europe Ecologie-Les Verts en août 2015 prône, notamment, un service civique obligatoire pour les jeunes de 16 à 25 ans. Il souhaite en outre expérimenter la légalisation du cannabis, légaliser l'euthanasie et le suicide assisté pour les personnes en fin de vie, ouvrir la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes et encadrer la gestation pour autrui.

Sur le plan institutionnel, François de Rugy envisage l'instauration du vote obligatoire ainsi que la reconnaissance "réelle" du vote blanc qui, s'il représente plus de 50% des suffrages, donnera lieu à l'organisation d'un nouveau scrutin. En revanche, il estime que l'article 49.3, que Manuel Valls veut supprimer, "peut avoir son utilité dans certaines situations", notamment en cas d'élection de l'Assemblée nationale à la proportionnelle intégrale, hypothèse qu'il défend.

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Sylvia Pinel veut en finir avec "la confrontation entre le patron et l’ouvrier"

Dans son programme, Sylvia Pinel a repris les principaux marqueurs de son parti (le Parti radical de gauche). Sur le plan sociétal, elle plaide ainsi pour la légalisation du cannabis (le sujet avait déjà été porté à la primaire de 2011 par Jean-Michel Baylet, alors président et candidat du PRG), l'accès à la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes, et la reconnaissance du droit de mourir dans la dignité.

Sur le plan économique, la candidate affiche une ligne favorable aux entreprises. "Là où persiste la vieille confrontation entre le patron et l’ouvrier, je veux une économie plus confiante, une entreprise plus solidaire", résume celle qui a été ministre pendant les quatre premières années du quinquennat de François Hollande. Elle prône notamment la suppression immédiate, pour toutes les entreprises, des cotisations à la branche famille de la Sécurité sociale, et veut aussi baisser l'impôt sur les sociétés à un taux de 20%. Des mesures qui seraient financées par la suppression de la mesure phare de François Hollande en matière de soutien aux entreprises, le CICE (crédit d'impôt compétitivité emploi).

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Jean-Luc Bennahmias prône "une société de la responsabilité, pas de l'interdiction"

Si Jean-Luc Bennahmias devait résumer son programme en trois points, il choisirait "le revenu universel, les législatives à la proportionnelle et la légalisation du cannabis". L'ancien écolo-libertaire souhaite de longue date une légalisation contrôlée du cannabis : "Je suis pour une société de la responsabilité, pas de l'interdiction. Je prends les gens pour des adultes", glisse-t-il à franceinfo.

Sur le plan des institutions, l'ancien vice-président du MoDem milite notamment pour des élections législatives à la proportionnelle, pour la limitation de chaque mandat à une seule réélection et pour une limite d’âge à 66 ans à laquelle devront se plier ceux qui se présentent à la plupart des élections. Il plaide également pour le référendum d’initiative populaire. 

Sur le plan économique, l'ancien député européen défend "un protectionnisme européen" et souhaite l'instauration d'un socle fiscal et social européen "pour éviter les distorsions de concurrence"Comme Benoît Hamon, il défend aussi l'instauration d'un revenu de base allant progressivement jusqu'à 800 euros par mois. Il le présente sur LCP comme une "solution de base" contre la pauvreté : "On ne peut pas se satisfaire d'avoir 8 millions de pauvres dans le pays et 6 millions de chômeurs." 

Interrogé par franceinfo, il chiffre le coût de la mesure entre 300 et 400 milliards d'euros, pour un montant mensuel à déterminer, entre 500 et 800 euros par personne. Et rejette par ailleurs les accusations d'assistanat : "Aujourd'hui, 95% de la population souhaite avoir un travail."

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