Primaire de la gauche : 49.3, PMA, diesel... Ce que Benoît Hamon et Manuel Valls pensent de 16 propositions phares

Le second tour de la primaire de la gauche, dimanche, verra s'affronter Benoît Hamon et Manuel Valls, arrivés en tête au premier tour.

Les deux finalistes de la primaire de la gauche pour la présidentielle de 2017, Benoît Hamon et Manuel Valls. 
Les deux finalistes de la primaire de la gauche pour la présidentielle de 2017, Benoît Hamon et Manuel Valls.  (AFP)

Les électeurs du premier tour de la primaire de la gauche ont tranché : plaçant Arnaud Montebourg en troisième position, dimanche 22 janvier, ils ont choisi de qualifier Benoît Hamon et Manuel Valls pour le second tour du scrutin. Deux personnalités aux lignes politiques très tranchées s'affronteront donc, dimanche 29 janvier, dans l'espoir de devenir officiellement le candidat du Parti socialiste et de ses alliés à l'élection présidentielle de 2017

>> DIRECT. Suivez les résultats et les réactions après le premier tour de la primaire

Avant ce second tour, franceinfo récapitule les positions des deux prétendants sur douze propositions phares. Revenu universel, nucléaire, loi Travail, article 49.3... Visualisez ce qu'en pensent Benoît Hamon et Manuel Valls.

Instaurer un revenu universel

La mise en place d'un revenu universel pour tous est la promesse phare du programme de Benoît Hamon. Manuel Valls, lui, prône l'instauration d'un "minimum décent", qui concernerait tout le monde dès l'âge de 18 ans, mais sous conditions de ressources.

Abroger la loi Travail

Pour Benoît Hamon, il n'y a rien à garder : la loi Travail, défendue par Manuel Valls et Myriam El Khomri pendant le quinquennat de François Hollande, doit être purement et simplement abrogée. L'ancien Premier ministre, lui, n'a évidemment pas l'intention de toucher à cette réforme.

Réduire le temps de travail

Si aucun des deux candidats ne veut toucher à la durée légale des 35 heures, ils proposent tous les deux de s’en affranchir. Manuel Valls veut encourager les heures supplémentaires, en les défiscalisant comme l'avait fait Nicolas Sarkozy. Benoît Hamon propose, lui, "d’organiser la baisse du temps de travail" pour "donner du temps et des moyens pour chacun de s’engager".

Interdire le diesel d'ici à l'horizon 2025

Benoît Hamon souhaite interdire la commercialisation de voitures diesel à l'horizon 2025. Un avis que ne partage pas Manuel Valls : ce dernier propose simplement de faire converger la fiscalité sur le diesel et celle qui s'applique sur les autres carburants.

Autoriser la PMA pour toutes les femmes

Benoît Hamon est favorable à l'ouverture de la procréation médicalement assistée pour tous les couples de femmes. Dans son programme, l'ex-Premier ministre, lui, se borne à dire qu'il n'évitera pas le sujet, et s'en remet à "la représentation nationale" pour trancher le débat.

Autoriser l'euthanasie

Volontaire pour "aller plus loin sur le droit à mourir dans la dignité", Manuel Valls estime toutefois qu’il faut "avancer par étapes, rechercher le consensus". Benoît Hamon veut, lui, créer "le droit à une aide médicale pour mourir dans la dignité pour toutes les personnes atteintes d’une maladie incurable qui le demandent, au moment où elles le demandent".

Supprimer le 49.3 (hors textes budgétaires)

C'est l'une des rares propositions sur laquelle Benoît Hamon et Manuel Valls se retrouvent : tous les deux veulent supprimer de la Constitution l'article 49.3, qui permet de faire passer en force un texte au Parlement.

Légaliser l'usage et la commercialisation du cannabis

La légalisation de l'usage et de la commercialisation du cannabis, pour Manuel Valls, c'est niet. En revanche, Benoît Hamon s'est prononcé durant la campagne en faveur de la légalisation du cannabis, une façon selon lui de mettre fin aux trafics.

Autoriser le droit de vote des étrangers hors UE

Ce serpent de mer de la gauche (souvent promis, mais jamais réalisé) refait surface. Benoît Hamon veut accorder le droit de vote aux étrangers non-européens aux élections locales. Une mesure à laquelle Manuel Valls est opposé.

Elire les députés à la proportionnelle

Benoît Hamon prône l'introduction d'une dose de proportionnelle, pour permettre une représentation plus fidèle du vote des citoyens. Manuel Valls y est opposé, préférant le maintien du scrutin majoritaire.

Limiter le cumul des mandats dans le temps

Les deux hommes sont favorables à une limite de trois mandats identiques consécutifs maximum.

Diminuer la part du nucléaire dans la production d'électricité

Benoît Hamon reprend à son compte l'engagement de François Hollande, qui avait promis en 2012 de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire à l'horizon 2025. Manuel Valls estime pour sa part que la réduction du nucléaire n'est pas la première des priorités en matière d'énergie et d'environnement.

Instaurer un service civique obligatoire

Manuel Valls propose de rendre obligatoire le service civique pour les jeunes. Benoît Hamon, lui, ne parle pas d'obligation, mais souhaite l'étendre aux collégiens.

Recruter davantage d'enseignants

Pour Manuel Valls, l’effort de recrutement a déjà été fait sous le quinquennat de François Hollande. Il propose plutôt de revaloriser "le statut des professeurs", en augmentant leur rémunération. De son côté, Benoît Hamon veut recruter 40 000 enseignants supplémentaires "pour lutter contre les inégalités scolaires".

Rétablir une police de proximité

Comme quatre autres des candidats au premier tour (Montebourg, Peillon, De Rugy et Bennahmias), Benoît Hamon promet de rétablir la police de proximité mise en place sous Lionel Jospin, et qui avait été supprimée par Nicolas Sarkozy. Une idée que ne reprend pas Manuel Valls.

S'affranchir de la règle des 3% de déficit public

Benoît Hamon milite pour la fin de l'austérité en Europe, et estime que la France ne devrait plus respecter son engagement de contenir les déficits publics en deçà de 3% du PIB. Manuel Valls juge au contraire que la crédibilité de Paris sur la scène européenne impose de s'y tenir.