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Être ou ne pas être candidat... et surtout quand se déclarer ? Manuel Valls en plein dilemme

Dès l'annonce de François Hollande, qui a renoncé jeudi à briguer le renouvellement de son mandat de président, les yeux se sont tournés vers Manuel Valls. Une position moins évidente à assumer qu'il n'y paraît.

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Le premier ministre devrait faire connaître sa décision dans les jours à venir. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

Après le retrait de François Hollande de la course à l'élection présidentielle de 2017, et alors que les candidats à la primaire de la gauche voient le jeu chamboulé par la décision du chef de l'État, les yeux sont rivés sur son Premier ministre. Ira ? Ira pas ? La réponse n'interviendra pas samedi 3 décembre : Manuel Valls ne prendra pas la parole à la clôture de la convention de la "Belle Alliance Populaire". Aucun candidat à la primaire n'est censé monter à la tribune lors de ce rendez-vous, destiné au contraire à mobiliser contre l'ennemi commun, la droite et l'extrême-droite.

Trouver le bon moment

Cette annulation sonne comme un aveu. Si Manuel Valls n'envisageait pas de porter d'autre costume que celui de chef du gouvernement et de la majorité, rien ne l'aurait empêché de prononcer un discours devant les socialistes qui croient en cette "Belle Alliance Populaire". S'il préfère ne pas monter à la tribune, c'est donc bien qu'il s'apprête à mettre la casquette du candidat. Mais un délai de décence lui interdit de se déclarer, alors que François Hollande vient de renoncer.

Reste maintenant à trouver le bon moment. Ce week-end, Manuel Valls prend le temps de consulter ses proches et sa famille, confie un député ami. "Rien ne presse, dit son entourage. Ni pour une annonce, ni pour une démission." Autre obstacle de taille : avant même de s'être déclaré, le probable candidat est déjà attaqué et risque d'avoir du mal à enfiler le costume du rassembleur. Un exercice compliqué quand on a inventé le concept des deux gauches irréconciliables : la gauche réformiste, la gauche de gouvernement, contre la gauche de contestation.

Aujourd'hui, le Premier ministre explique que son concept ne visait pas les "frondeurs", l'aile gauche du Parti socialiste, mais la gauche de la gauche. Sauf que le mal est fait : pour Benoît Hamon, l'un de ses futurs adversaires, cette prise de position suffit à le disqualifier pour incarner l'avenir.

Une défaite hypothèquerait son avenir politique

De son côté, Arnaud Montebourg, lui aussi candidat à la primaire, déclare déjà qu'un candidat social libéral n'est pas la bonne solution pour affronter le candidat de la droite, François Fillon, jugé ultra libéral. Pire, l'entrée en lice de Manuel Valls pourrait déclencher d'autres vocations : certains poussent déjà Christiane Taubira, qui n'a pas digéré l'épisode de la déchéance de nationalité.

Avant de rassembler, il faut gagner. En 2011, Manuel Valls était arrivé cinquième au premier tour de la primaire socialiste, avec à peine plus de 5% des voix. Le contexte a changé. Mais une défaite invaliderait tout espoir de devenir ne serait-ce que le leader de la gauche et de l'opposition dans les cinq années à venir. Ça aussi, Manuel Valls est probablement en train d'y réfléchir...

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