À Briançon, Christiane Taubira chahutée par des militants No Border se pose en rempart à gauche

Christiane Taubira, candidate à la présidentielle, était mercredi après-midi à Briançon dans les Hautes-Alpes pour évoquer l'accueil des migrants qui arrivent chaque jour dans cette ville frontalière. 

Article rédigé par
Victoria Koussa - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Christiane Taubira, candidate à l'élection présidentielle, lors de son déplacement près de Briançon, le 26 janvier 2022. (OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)

À la veille de l'ouverture du vote de la Primaire populaire, la candidate à la présidentielle Christiane Taubira s'est rendue à Briançon, dans les Hautes-Alpes. Mais dès son arrivée mercredi 26 janvier, sous le soleil et un froid sec, elle se heurte à un petit groupe de militants No Border anticapitalistes. "Vous exploitez la question migratoire comme un fond de commerce électorale", l'interpelle un des militants. "Parce que vous trouvez que la question migratoire, ça rapporte électoralement ?, lui rétorque Christiane Taubira. Croire que ça rapporte électoralement, c'est vraiment vivre hors-champ et hors-sol. Ça n'empêche pas que votre présence aux côtés des personnes qui en ont besoin est tout à fait salutaire."

La candidate décide donc de raccourcir son déplacement. Un simple café remplace la visite prévue dans une association locale d'aide aux migrants, et un passage par le poste frontière avec l'Italie, à Montgenèvre, près d'une piste de ski. "Derrière cette petite montagne, on a une piste qui donne accès directement à l'Italie", lui explique un bénévole qui l'accompagne. Il lui montre du doigt le col enneigé par où passent chaque jour ceux qui fuient l'Afghanistan ou des pays d'Afrique, du côté du col de l'Echelle. "On a déjà eu des blessés, même un qui s'est fait amputer tous les orteils. Et aussi des gens qui sont morts de froid."

"Monsieur Zemmour ne m'intéresse pas"

L'ancienne garde des Sceaux joue la carte de l'humanisme : "Nous ne sommes pas tous en train de devenir des monstres". Et en profite pour tacler l'extrême droite. "Incontestablement, vous avez des gens qui vont se pavaner à Calais, à Menton, qui proclament qu'on va faire une politique de frontières avec des barbelés, critique-t-elle sans détour. La France, c'est autre chose !"

"La France est un pays qui a accueilli, qui a reçu. C'est-à-dire que les mœurs, les modes de vie, les arts de vivre, la créativité se sont enrichis au contact de ces personnes."

Christiane Taubira

à franceinfo

Christiane Taubira vise directement Éric Zemmour. Et pourtant quand on lui parle de lui, elle répond aussitôt : "Monsieur Zemmour ne m'intéresse pas. Avec une majuscule, avec une minuscule, avec une virgule, avec des points de suspension, il ne m'intéresse pas. Je ne suis pas thérapeute, je ne guéris pas les gens qui viennent publiquement expliquer leurs angoisses, leurs pathologies et leurs déchirements internes."

Plus que de contrer les idées d'Éric Zemmour à coups de phrases cinglantes, Christiane Taubira tente de montrer, à 1800 mètres d'altitude, qu'elle est à gauche son meilleur rempart.

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