Les quatre dossiers qui peuvent mettre le feu au PS à La Rochelle

La majorité se réunit en Charente-Maritime, de vendredi à dimanche, pour sa traditionnelle université d'été.

Le Premier ministre, Manuel Valls, le 28 août 2014, à La Rochelle (Charente-Maritime). 
Le Premier ministre, Manuel Valls, le 28 août 2014, à La Rochelle (Charente-Maritime).  (XAVIER LEOTY / AFP)

C'est un des secrétaires nationaux du PS qui le dit : "La Rochelle, c'est comme le Var, il suffit d'une étincelle pour faire partir l'incendie." L'ouverture de l'université d'été du Parti socialiste, vendredi 29 août, s'annonce explosive. Deux jours après un remaniement contesté à gauche, les sujets d'empoignades ne manquent pas. Si bien que le Premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, a averti : "Les socialistes et la gauche sont condamnés à surmonter leurs divergences." Tour d'horizon.

Les 35 heures

Emmanuel Macron a touché à un sujet toujours délicat, au cours d'un entretien accordé au Point, à la veille de sa nomination au ministère de l'Economie et de l'Industrie, en se déclarant favorable à la remise en cause d'une mesure phare de la gauche : les 35 heures. Concrètement, l'ancien conseiller du président à l'Elysée s'est déclaré favorable au fait d'autoriser "les entreprises et les branches à déroger" aux 35 heures, en cas d'accords avec les organisations syndicales. Il évoquait alors la possibilité d'étendre d'un dispositif de dérogation à la durée hebdomadaire du travail adopté en juin 2013, mais dont l'efficacité n'a pas encore été prouvée.

Démenti immédiat de Matignon. La modification "éventuelle" des accords sur le temps de travail "relève de discussions entre partenaires sociaux", rappellent les services de Manuel Valls. Mais les braises sont encore chaudes.

Les orientations budgétaires et la hausse de la TVA

La "politique de l'offre" contre la "politique de la demande". Le sujet a déjà fait imploser le gouvernement, après les déclarations tonitruantes d'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, sortis de l'exécutif lundi. Et il pourrait encore alimenter de nombreux débats.

Dans les pas de Manuel Valls à l'université d'été du Medef, l'ancien ministre Pierre Moscovici a entonné le refrain du "J'aime l'entreprise". Un leitmotiv qui ne plaît pas à tout le monde au Parti socialiste, dont nombre d'élus accusent le gouvernement d'en faire trop pour les patrons et pas assez pour le pouvoir d'achat des ménages. Ces derniers auront notamment en ligne de mire la possible hausse de la TVA, explorée par l'exécutif selon Libération, mais "pas à l'ordre du jour", dixit Matignon.

Un nom devrait aussi être sur toutes les lèvres : Emmanuel Macron, ancien banquier d'affaires chez Rothschild, nommé à Bercy et trop libéral aux yeux des militants.

Les "frondeurs"  

Ils ont bien l'intention de se faire entendre. Les "frondeurs", ces quelque quarante députés qui n’ont pas voté le plan d’économies présenté en avril par le gouvernement et se sont abstenus sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale en juillet ont prévu une réunion publique, en marge de l’espace officiel des rencontres, samedi. Selon eux, le succès du rendez-vous est tel qu'ils ont dû changer de salle à la dernière minute, pour en trouver une plus grande. Ils comptent bien ancrer davantage leur mouvement sous une nouvelle dénomination, "Vive la gauche". Les passages d'Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et AurélieFilippetti seront aussi guettés.

Face à ces contestataires, 200 élus ont décidé, eux aussi, de monter au créneau. Ils regrettent, dans une tribune commune, "la permanence d'une défiance a priori à l'égard de l'exécutif" de la part de leurs collègues. Mais certains s'en désolidarisent déjà, raconte Médiapart (lien abonnés).

Dans ce contexte, une assemblée plénière risque d'être particulièrement dans l'actualité : celle prévue samedi à 17h30 sur le thème "l’unité de la gauche : pourquoi, comment ?" avec, en prime, Pierre Laurent, du Parti communiste et Emmanuelle Cosse, numéro un d’Europe Ecologie-Les Verts. 

Le prochain congrès

Il est censé se tenir en 2015, mais sa date précise n'a pas encore été fixée. Le prochain congrès du PS est le futur point chaud de l'actualité socialiste. L'aile gauche du parti souhaite le réunir de toute urgence, "dans les prochains mois" selon la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. Notamment afin que les différents courants se comptent et se jaugent, en plein contexte de "profond malaise face au nouveau gouvernement et aux applaudissements qui ont scandé le discours de Manuel Valls devant les patrons" lors de l'université d'été du Medef 

Si Jean-Christophe Cambadélis, le patron du parti depuis avril, envisage de l'organiser dans les tous premiers mois de l'année 2015, d'autres sont plus réticents. Selon Le Figaro, le sénateur du Val-de-Marne Luc Carvounas, proche de Manuel Valls, estime qu'un congrès affaiblirait trop le parti, qui a "perdu 25 000 militants en un an". Et de se réfugier derrière les états généraux lancés par le parti jusqu'en décembre. L'aile gauche, elle, est persuadée que l'Elysée et Matignon veulent retarder, voire empêcher, ce rassemblement.