Législatives : l'alliance avec La France insoumise est "une chance" pour le Parti socialiste, assure Laurent Baumel (PS)

Laurent Baumel "déconseille" par ailleurs aux socialistes de "s'engager" vers la "voie" de la dissidence, car ils auront du mal à "expliquer aux électeurs quel est le sens de leur démarche".

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Radio France
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Laurent Baumel et Pierre Jouvet annoncent à la presse l'accord passé avec La France Insoumise pour les législatives, le 4 mai 2022. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

Laurent Baumel, secrétaire national du Parti socialiste, a affirmé samedi 7 mai sur franceinfo que la coalition des partis de gauche en vue des élections législatives est "une chance" pour le Parti socialiste après le score catastrophique de la candidate Anne Hidalgo à la présidentielle (1,75%). Le Conseil national du Parti socialiste a validé vendredi l'alliance avec La France insoumise. Sur 292 votants, 167 ont voté pour l'accord, 101 contre et 24 se sont abstenus. Laurent Baumel "déconseille" aux socialistes de "s'engager" vers la "voie" de la dissidence. Ils auront du mal à "expliquer aux électeurs quel est le sens de leur démarche", dit-il. Les candidats Nupes [Nouvelle Union populaire écologique et sociale] se réunissent samedi 7 mai à Aubervilliers, en région parisienne, pour leur convention d'investiture.

franceinfo : Cette coalition est une chance ou un recul pour le PS ?

Laurent Baumel : C'est évidemment une chance. Le Parti socialiste a fait un score très faible à l'élection présidentielle (1,75%) de toute façon, la question de son existence même, sa représentation dans la vie politique française était de fait posée. Le sujet n'est pas tant l'avenir du Parti socialiste à travers cette coalition que la capacité que la gauche tout entière se donne de répondre, non seulement à l'aspiration unitaire de nos électeurs, mais d'offrir un débouché à la colère et à la frustration qui s'expriment aujourd'hui à l'égard du président Macron. La gauche est dans le jeu. Elle est capable de gagner cette élection législative parce qu'elle a su se rassembler. C'est cela le véritable enjeu de cette coalition.

Quelle décision sera prise contre les dissidents du Parti socialiste qui vont se présenter contre les candidats Nupes ?

Il ne m'appartient pas de vous dire quelle forme de décision sera prise à l'égard des candidatures dissidentes. On évoque toujours dans les médias les dissidences, mais cela fait deux fois de suite que le Conseil national du Parti socialiste, les représentants légitimes de ce parti dans les territoires, ont très majoritairement adopté cette orientation de rapprochement et de construction d'une coalition. C'est une majorité. Arrêtons de parler simplement des minorités et regardons ce que la majorité, quand même assez large, du Parti socialiste, a souhaité. Elle a souhaité entrer dans cette coalition. Il y aura effectivement 70 candidats et candidates socialistes qui incarneront l'aspiration unitaire. Je déconseille aux camarades de mon parti qui veulent s'engager dans cette voie de le faire parce que je pense que le problème qu'ils auront très rapidement, c'est d'expliquer aux électeurs quel est le sens de leur démarche à partir du moment où 90% des électeurs de gauche souhaitent cette unité. Quel est l'espace politique pour dire que nous voulons un espace politique tout seul ? Surtout que le texte de fond qui est la base de notre accord avec La France insoumise et les autres partis est un texte dans lequel nous n'avons renié aucune des valeurs et aucune des orientations du Parti socialiste.

Stanislas Guerini, patron de la majorité, conseille aux députés socialistes sortants qui pourraient entrer en dissidence, de rejoindre la majorité présidentielle. Pensez-vous que cet appel puisse être entendu ?

C'est moi que vous interrogez. Je ne suis pas dans la tête des socialistes dissidents. Je ne sais pas s'ils entendront l'appel du macronisme ou s'ils essayeront de trouver un espace politique ténu entre une gauche rassemblée, enthousiaste, dynamique et la majorité présidentielle. C'est à eux de voir. Moi, je ne suis pas là pour faire la stratégie politique des gens qui ont choisi, de mon point de vue, une impasse.

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