Le blues de militants PS : "Aujourd’hui, je n’ai plus la force de distribuer des tracts"

Alors que les prétendants au poste de premier secrétaire du Parti socialiste ont jusqu’à vendredi minuit pour candidater, sur le terrain, les militants ne cachent plus leurs doutes sur l’avenir.

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Illustration. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Au sens propre comme au sens figuré, le Parti socialiste à Savigny-sur-Orge (Essonne) part en ruine. Les lettres PS se décrochent de la permanence. Dans cette commune comme ailleurs, les candidats au poste de premier secrétaire du parti de la rose ont jusqu’à vendredi 26 janvier à minuit pour déposer un dossier. Il y a pour le moment cinq prétendants pour congrès d'avril : Delphine Batho, Luc Carvounas, Olivier Faure, Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel.

Le casting ne fait pas rêver les militants historiques de Savigny-sur-Orge. Pierre, encarté depuis 30 ans, doute jusqu’au nom du chef actuel du PS. "C’est Rachid Chemal, non ?", essaie-t-il. Raté. Il s’agit de Rachid Temal. Il assure l’intérim à la direction du Parti socialiste depuis la démission de Jean-Christophe Cambadélis, le 30 septembre 2017 suite à l’échec de la présidentielle.

Congrès au mois d'avril

Le contexte est difficile mais ils iront voter au prochain congrès en avril. "On a peu d’informations sur le programme de chacun des candidats, se plaint Elisabeth militante depuis 1976. On devine. Mais c’est tout. J’ai été élue pendant 32 ans. Aujourd’hui, je n’ai plus la force de distribuer des tracts". 

Un autre, adepte de la méthode Coué, se raccroche à l'idée que le parti reste attractif. "Le fait qu’il y ait plusieurs candidatures montre que le parti est dynamique, dit Pierre. Il existe encore quelque chose. Beaucoup ont tué le PS. On n’en est pas encore là. Il y a vraiment un espace politique entre la gauche la plus radicale et Macron". 

Ces adhérents du Parti socialiste paient toujours leur cotisation. Mais avant de rafraîchir la façade de leur local de Savigny-sur-Orge, ils attendent de savoir si la formation politique gardera son nom. 

Les doutes de militants du PS - un reportage d'Antoine Piel à Savigny-sur-Orge
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