La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann quitte le PS et ambitionne de créer "un nouveau Front populaire"

Vendredi, c'est le député européen Emmanuel Maurel qui avait annoncé son départ. Tous deux étaient des figures de l'aile gauche du parti.

La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann à une réunion des \"frondeurs\" du PS lors de l\'université d\'été du parti à La Rochelle, le 10 septembre 2016.
La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann à une réunion des "frondeurs" du PS lors de l'université d'été du parti à La Rochelle, le 10 septembre 2016. (XAVIER LEOTY / AFP)

L'aile gauche du Parti socialiste perd une deuxième figure en deux jours. Après Emmanuel Maurel, vendredi, c'est la vice-présidente du Sénat Marie-Noëlle Lienemann qui annonce son départ, samedi 13 octobre, dans une interview au site internet du JDD. Elle dresse un bilan sévère pour le parti, qui "s'achemine vers une mort lente" après s'être coupé du "peuple de gauche". Elle annonce aussi vouloir créer une nouvelle formation politique, tout en se rapprochant de Jean-Luc Mélenchon.

"Avec Emmanuel Maurel, nous allons créer un nouveau parti qui fera vivre la flamme du socialisme historique", début 2019, explique Marie-Noëlle Lienemann au JDD. Elle ne rejoint donc pas La France insoumise, mais souhaite entrer dans "une dynamique de convergences" avec elle, une alliance qu'elle assimile à "un nouveau Front populaire".

"Hollande prépare son retour et personne ne semble s'en émouvoir"

Dans son interview, la sénatrice ne mâche pas ses mots envers le nouveau premier secrétaire du PS, Olivier Faure, élu en mars face, notamment, à Emmanuel Maurel. "Avec Faure, le PS baigne dans l'eau tiède. Sa ligne 'ni-Macron, ni Mélenchon' mène à une impasse", estime-t-elle. Elle qualifie le parti de "canard sans tête" qui peine à trouver une tête de liste pour les élections européennes.

Pire, à ses yeux, "François Hollande prépare méticuleusement son retour et personne ne semble s'en émouvoir", alors que "son quinquennat a été celui de l'abandon des valeurs socialistes." "Les ouvriers, les employés, le monde des services publics ne considèrent plus le PS comme un parti de gauche", analyse l'ancienne "frondeuse".

Sénatrice de Paris depuis 2011, Marie-Noëlle Lienemann, 67 ans, a été à deux reprises secrétaire d'Etat ou ministre déléguée au Logement, sous Pierre Bérégovoy, puis Lionel Jospin. Figure historique du PS, elle y était entrée à sa fondation, en 1971, au congrès d'Epinay.