L'avenir de la gauche : "Il faudra une figure, une force, qui surgisse pour faire entendre la voix de l'espérance", estime François Hollande

L'ancien chef d'État dit qu'il ne s'imposera pas parce que "certains pensent que j'ai été un problème". Mais il dit vouloir être "un contributeur".

François Hollande, invité sur France Inter le 18 décembre 2019.
François Hollande, invité sur France Inter le 18 décembre 2019. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)

"En 2022 il va y avoir une élection présidentielle et des élections législatives, il faudra une figure. Il va falloir qu'il se passe quelque chose, pas seulement une incarnation physique, mais aussi une mobilisation citoyenne, un parti, un mouvement, il faut une force qui surgisse à partir de ce qui existe déjà et qui puisse faire entendre la voix de l'espérance" a lancé mercredi 18 décembre sur France Inter, l'ancien chef d'État, François Hollande, au sujet de l'avenir de la gauche.

"Je ne vais pas moi-même m'imposer"

"J'y contribuerais si c'est nécessaire, annonce François Hollande, assurant dans le même souffle : Je ne vais pas moi-même m'imposer, je ne vais pas moi-même considérer que je suis une solution quand certains pensent que j'ai été un problème, je veux être un contributeur – parmi d'autres – parce que c'est nécessaire." 

Le risque c'est quand même une alternative d'extrême droite.François Hollandeà France Inter

"C'est très intéressant ce qu'il s'est passé au Royaume-Uni, poursuit François Hollande. Jeremy Corbyn fait le programme le plus à gauche qui soit depuis les années 1950 pour le parti travailliste et il perd dans toutes les circonscriptions ouvrières. Cela veut dire que le nationalisme, le souverainisme, sont plus forts que le gauchisme, que le gauchisme n'a aucune chance face au nationalisme. C'est la crédibilité qui a une chance, c’est le réformisme, c'est l'idée que si Jeremy Corbyn avait fait campagne pour le maintien, il avait une chance, mais en faisant campagne sur l'ambiguïté et le gauchisme, ce sont finalement les conservateurs les plus à droite qui ont gagné. La sociale-démocratie renouvelée, elle, a une chance."

"La gauche doit faire des propositions"

"[En France] la gauche doit faire des propositions en cette période, martèle François Hollande. Elle doit contester la méthode, la défiance qui s'est installée dans le pays et l'injustice qui peut apparaître dans les dispositions aujourd'hui prévues, mais elle doit faire des propositions."  L'ancien président assure "que le risque, c'est l'absence de débouchées politiques".

La ligne de 2012 à 2017, "je la revendique et je l'assume"

"S'il y a une victime, la première c'est moi", a également estimé François Hollande accusé par des auditeurs pour avoir déroulé le tapis rouge à Emmanuel Macron en lui accordant un poste dans son gouvernement. "J'en ai payé le prix y compris en n'étant pas candidat à l'élection, mais c'est vrai qu'il y a eu cette dissidence et il a utilisé la position qui était la sienne pour faire valoir ses idées et sa campagne présidentielle, mais moi j'ai tenu bon sur l'essentiel de mes positions pendant la période où j'étais président." "Il pouvait avoir une place dans un gouvernement, il n'imposait d'aucune manière la ligne et cette ligne-là, de 2012 à 2017, je la revendique et je l'assume", assure l'ancien président.