L'ancien ministre socialiste Paul Quilès est mort à l'âge de 79 ans

L'ancien maire de Cordes-sur-Ciel a également été député à plusieurs reprises, à Paris puis dans le Tarn.

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L'ancien ministre Paul Quilès, le 10 juillet 2014, à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Un poids lourd du socialisme s'en est allé. Paul Quilès, plusieurs fois ministre dans les années 1980 et 1990, notamment de l'Intérieur et de la Défense sous la présidence de François Mitterrand, est mort vendredi 24 septembre à l'âge de 79 ans, a annoncé sa fille, Emmanuelle Quilès. "Mon père s'est éteint ce matin à Paris. Il s'est battu jusqu'au bout comme il l'avait toujours fait dans sa vie pour les autres", a-t-elle ajouté. Sa mort avait été annoncée une première fois par erreur, mardi 21 septembre.

Fils d'un officier et d'une institutrice, Paul Quilès était né le 27 janvier 1942 à Saint-Denis-du-Sig, en Algérie française. Après Polytechnique, il est jusqu'en 1978 ingénieur dans le secteur énergétique auprès de la compagnie pétrolière Shell. Parallèlement, ce catholique, ancien de la jeunesse étudiante chrétienne (JEC), entre au PS en 1972 et milite dans le courant mitterrandiste.

Plusieurs fois ministre

Son ascension politique prend un véritable essor en 1981, quand il devient le directeur de la campagne présidentielle de François Mitterrand qui, en mai, accède à l'Elysée. Yeux bleus perçants et sourire rare, l'homme à l'allure stricte est quelques mois plus tard au centre d'une vive polémique. Lors du congrès socialiste de Valence en octobre 1981, il lance, évoquant les "adversaires" de la gauche dans la haute administration, qu'il ne suffit pas de dire que "des têtes doivent tomber" mais qu'il faut "dire rapidement" lesquelles, afin d'éviter les chasses aux sorcières. La droite s'indigne de cette référence à Robespierre et utilisera cet argument en 1983 quand Paul Quilès briguera la mairie de Paris contre Jacques Chirac.

Nommé ministre du Logement en 1983, Paul Quilès est promu à la tête d'un ministère élargi au Tourisme en 1984. De septembre 1985 à mars 1986, il succède au ministère de la Défense à Charles Hernu, contraint de démissionner à la suite de l'affaire du Rainbow Warrior, nom du navire de Greenpeace saboté par les services secrets français en Nouvelle-Zélande.

On le retrouve plus tard ministre des Postes et de l'Espace dans le gouvernement Rocard (1988-1991). Il est ensuite à nouveau nommé au Logement (et aux Transports), avant d'obtenir le portefeuille de l'Intérieur, en 1992-1993.

Un engagement contre l'arme nucléaire

Maire de Cordes-sur-Ciel (Tarn) de 1995 à 2020, élu au premier tour lors de quatre mandats consécutifs, il a été député à plusieurs reprises, à Paris puis dans le Tarn. 

En 1997, il est élu président de la commission de la Défense de l'Assemblée nationale et, l'année suivante, il préside la mission d'information parlementaire sur le Rwanda. Ce père de trois enfants était le président de l'organisation Initiatives pour le désarmement nucléaire, visant à "l'édification d'un monde plus sûr"Il avait écrit, seul ou en collaboration, trois ouvrages sur la question, Nucléaire, un mensonge français, Arrêtez la bombe ! et L'Illusion nucléaire.

Parmi les réactions à son décès, l'ancien président socialiste François Hollande a salué sur Twitter "un homme engagé" qui a servi l'Etat "avec une grande compétence". Le secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a, lui, rappelé son engagement en faveur de la sécurité routière, assurant que "les vies qu'il a sauvées se comptent par milliers".

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