Congrès du PS : ce qu'il faut retenir du vote des militants

La motion soutenue par le Premier secrétaire du parti est arrivée largement en tête du scrutin, qui s'est tenu jeudi soir, devant celle défendue par les frondeurs. Un résultat attendu décrypté par francetv info.

Des militants socialistes votent en vue du congrès du PS, le 21 mai 2015 à Lyon (Rhône).
Des militants socialistes votent en vue du congrès du PS, le 21 mai 2015 à Lyon (Rhône). (JEFF PACHOUD / AFP)

Une victoire nette. A quelques jours du congrès du PS, organisé à Poitiers (Vienne) du 5 au 7 juin, les militants du parti ont voté, jeudi 21 mai, pour déterminer la ligne politique du parti jusqu'en 2017. Et c'est la motion menée par le Premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, qui est arrivée nettement en tête du scrutin, selon des résultats encore partiels.

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Satisfaction de l'exécutif, déception chez les frondeurs, qui pointent des irrégularités lors du vote... Francetv info récapitule ce qu'il faut retenir de ce scrutin.

La motion soutenue par le gouvernement termine en tête

Le "Renouveau socialiste" a remporté la mise. Signée notamment par Manuel Valls et portée par l'actuel Premier secrétaire du parti, la motion A obtiendrait un score supérieur à 60%, selon des résultats partiels communiqués par Jean-Christophe Cambadélis vendredi matin. Une bonne nouvelle pour François Hollande et le gouvernement, dont la majorité à l'Assemblée avait été malmenée par les frondeurs représentés lors du vote par la motion B, et qui n'auraient obtenu qu'entre 27% et 30% des voix. 

"La motion A a une majorité absolue qui s'avère plus large que nous ne le pensions. Il est possible qu'elle obtienne plus de 60%", s'est félicité dans la nuit de jeudi à vendredi le secrétaire national du PS aux élections, Christophe Borgel. Ces chiffres "sont plus élevés que ceux qui constituaient ma fourchette haute", a ajouté le responsable socialiste, qui ne cachait pas sa satisfaction. Sur Twitter, le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, s'est félicité des résultats du scrutin.

Si la victoire est nette, elle n'est toutefois pas surprenante. Au prix d'une motion qui ménageait aussi bien les susceptibilités de l'aile gauche du parti que celles du gouvernement, Jean-Christophe Cambadélis avait, en effet, réussi à bénéficier du soutien de la quasi-totalité des ministres comme de celui de Martine Aubry, ancienne Première secrétaire, pourtant très critiques envers l'exécutif depuis 2012.

 Les frondeurs veulent "tourner la page"

Premier signataire de la motion B et chef de file des frondeurs, Christian Paul a reconnu la victoire de son concurrent, vendredi matin, sur RTL. S'il s'est tout de même, comme attendu, porté candidat au poste de Premier secrétaire lors du scrutin qui sera organisé jeudi prochain, le député de la Nièvre a appelé à "tourner la page de la fronde parlementaire".

"Je pense que c'est au sein du PS que des majorités pourront désormais se dégager pour soutenir le gouvernement quand il le faut, et imaginer des politiques nouvelles à d'autres moments", a-t-il précisé.

RTL

Des irrégularités dénoncées par l'aile gauche du PS

Les frondeurs craignaient que le scrutin soit entaché par des fraudes. Leurs craintes se sont confirmées, même si elles n'ont pas nui à la sincérité du résultat, de l'aveu même de Christian Paul.  "Dans l'immense majorité" des cas, le vote s'est déroulé "dans des conditions impeccables" a-t-il ainsi indiqué sur RTL. Le député de la Nièvre a toutefois ajouté vouloir se montrer "implacable sur les quelques cas, peu nombreux mais flagrants, où il y a eu des irrégularités".

Le Parisien avait ainsi rapporté des étrangetés à la Réunion, où "plus de 700 adhérents n'ont pu voter", tandis qu'à Orchies (Nord), le lieu de vote avait été modifié à la dernière minute. Enfin, "à Talange (Moselle), dans le bureau de vote du secrétaire d'Etat Todeschini, pas de bulletins de vote offrant les quatre choix mais... des feuilles blanches", raconte encore le quotidien.

 Un taux de participation qui soulage la direction

Le résultat du scrutin est d'autant plus significatif que la participation des militants, objet de fortes craintes, semble s'orienter vers 60%. "C'est plus d'un adhérent sur deux, le même taux de participation (qu'au congrès de) Toulouse" en 2012, a souligné Christophe Borgel, pour qui le vote des militants socialistes a permis une "clarification" sur ce que devra être la ligne politique du PS jusqu'en 2017.

Il y a une "volonté assez nette (des militants PS), tout en ayant des exigences, de s'engager dans la réussite de la fin du quinquennat avec le président de la République et le gouvernement", s'est-il empressé d'analyser. Même si les chiffres définitifs ne doivent être connus que vendredi après-midi, ces résultats partiels semblent confirmer une victoire personnelle de Jean-Christophe Cambadélis.

L'actuel patron du PS attend désormais d'être adoubé par les militants lors de la désignation du Premier secrétaire jeudi prochain. Une étape importante pour lui, qui n'avait été nommé à la tête du parti que par le conseil national, ou "parlement" du PS, à la suite de l'exfiltration de son prédécesseur Harlem Désir, au printemps 2014.