Une association de commerçants demande que "les organisateurs soient responsables de leur manifestation" jusqu'à minuit

Alors que de nombreuses manifestations se tiennent samedi contre la proposition de loi Sécurité globale, Christian Baulme, le président de l’association Commerçants et artisans des métropoles de France, réclame des "zones commerciales protégées" et que les coeurs des villes soient interdits aux manifestations.

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Radio France
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Manifestation contre le projet de loi de sécurité globale à Toulouse le 3 décembre 2020. (FREDERIC CHARMEUX / MAXPPP)

"Avec les Gilets jaunes, nous avons perdu 20% de clientèle dans les métropoles. Avec le Covid-19, on en est à -50%. Comment fait-on pour vivre, pour se relever ?", a demandé Christian Baulme, de l’association Commerçants et artisans des métropoles de France  et de l’association Commerçants et artisans des métropoles de France (CAMF), invité de franceinfo samedi 5 décembre. Cette association qui représente vingt agglomérations en France réclame des "zones commerciales protégées" pour que "les cœurs soient interdits aux manifestations", alors que de nombreuses manifestations se tiennent samedi contre la proposition de loi Sécurité globale.

"Nous, ce qu'on demande, explique Christian Baulme, c'est que le Conseil d'État ne favorise pas une liberté fondamentale face à une autre, qui est celle de la liberté de circulation des personnes et des biens. Or, il a choisi systématiquement le droit de manifester."

Le mode de fonctionnement de la société a changé. Il faut donc que l'adaptation juridique se fasse. Il faut donc nous protéger pour que nous puissions exercer nos métiers.

Christian Baulme

à franceinfo

Christian Baulme aimerait le retour du "bon temps, où FO, la CGT, la CFDT, le PS, le PC, organisaient des manifestations qui évitaient les centres-villes. Ils avaient le respect de l'autre, du citoyen qui ne peut pas participer car il doit travailler. Il faut qu'on trouve des outils pour se régénérer, pour que nos centres-villes ne soient pas vides au détriment des centres commerciaux".

Les mercredis et samedis sont les deux jours "les plus à risque", selon Christian Baulme. "Maintenant qu'il y a des violences, on se retrouve avec des éléments violents et incontrôlés au milieu de personnes sensibles, avec des poussette. C'est un sentiment de frayeur. Ça les fait fuir", a-t-il constaté.

Ne pas confondre "interdiction" et "sanctuarisation"

En Gironde, la préfecture a expliqué que c'est difficile à envisager, voire impossible. "Il ne faut pas confondre interdiction et sanctuarisation. On ne peut pas sanctuariser le cœur de ville de Toulouse, de Bordeaux, de Dijon, Lyon, de Marseille. C'est impossible, on le sait", a reconnu le président de la CAMF. "C'est une question de message aux organisateurs. Nous demandons qu'on négocie les jours et parcours des manifestations, et que les organisateurs soient responsables de leur manifestation" jusqu'à minuit.

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