Un rapport remis à Jean Castex conclut à une "forte dégradation" des relations entre journalistes et forces de l'ordre

Ce rapport, commandé par le gouvernement, formule 32 propositions.

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Radio France
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Des journalistes filment une arrestation par la police lors d'un rassemblement contre le racisme et les violences policières à Paris, le 13 juin 2020. (THOMAS SAMSON / AFP)

Un rapport, commandé par le gouvernement en décembre dernier et remis lundi 3 mai au Premier ministre Jean Castex, conclut "à une forte dégradation" des relations entre journalistes et forces de l'ordre "depuis une dizaine d'années" et formule 32 propositions pour "remédier à cette situation."

"Quand deux acteurs aussi essentiels à la vie démocratique de la Nation entrent en conflit, ou ont peur l’un de l’autre, il faut agir", explique le rapport, qui ajoute que cette dégradation des relations se constate notamment "lors de manifestations, soumises à de fortes tensions."

Les forces de l'ordre ne pourront s'opposer à la captation d'images

Parmi les nombreuses propositions, le rapport recommande d'abord de "garantir la sécurité physique des journalistes dans les manifestations en toutes circonstances, en leur permettant s’ils le souhaitent de se placer derrière les cordons des forces de l’ordre."

Le rapport recommande également de "rappeler clairement aux forces de l’ordre qu’elles ne peuvent en principe s’opposer à la captation d’images ou de sons des opérations qu’ils mènent dans les lieux publics, ni a fortiori demander la suppression de tels enregistrements", ainsi que de "systématiser l’enregistrement, par les forces de l’ordre, de leurs propres opérations."

Concernant l'article polémique 24 de la loi de sécurité globale, qui prévoit de limiter la possibilité de diffusion d'images des forces de l'ordre en intervention, le rapport recommande de "transmettre aux forces de l’ordre des consignes claires, leur rappelant que ces dispositions sont sans impact sur la possibilité d’enregistrer leur image."

Deux ministères chargés de mettre en oeuvre les propositions

Ce rapport a été rédigé par une commission indépendante présidée par l'ancien contrôleur général des prisons Jean-Marie Delarue. Elle avait été instaurée en décembre dernier pour réécrire l'article 24 de la proposition de loi de sécurité globale avant que le gouvernement ne réoriente ses travaux. Pour écrire ce rapport, elle a entendu de très nombreux journalistes et responsables des forces de l'ordre.

Dans un communiqué, Matignon annonce que le gouvernement "a chargé dès à présent le ministre de l’Intérieur et la ministre de la Culture d’engager conjointement les travaux qui conduiront à la mise en œuvre de l’ensemble de ces recommandations."

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