Roms : Duflot s'en prend à Valls et en appelle à Hollande

La ministre du Logement a déclaré, jeudi, que les propos du ministre de l'Intérieur vont "au- delà de ce qui met en danger le pacte républicain".

La ministre du Logement, Cécile Duflot, le 26 septembre 2013 à Angers (Maine-et-Loire), lors des journées parlementaires d\'Europe Ecologie-Les Verts.
La ministre du Logement, Cécile Duflot, le 26 septembre 2013 à Angers (Maine-et-Loire), lors des journées parlementaires d'Europe Ecologie-Les Verts. (SOUVANT GUILLAUME / SIPA)

Les propos de Manuel Valls sur la question des Roms en France continue de diviser la gauche. Après Arnaud Montebourg, c'est Cécile Duflot, la ministre EELV du Logement, qui attaque le ministre de l'Intérieur, jeudi 26 septembre à Angers (Maine-et-Loire). S'exprimant à l'occasion des journées parlementaires d'Europe Ecologie-Les Verts, elle a accusé Manuel Valls d'être allé "au-delà de ce qui met en danger le pacte républicain" avec ses propos sur les Roms.

Le locataire de la place Beauvau a estimé, peu de temps après la naissance de la polémique, qu'il n'a "rien à corriger" sur les termes qu'il a choisi. Cécile Duflot estime au contraire, qu'il s'agit d'une faute majeure : "Quand on est au gouvernement, quand on a vécu le 21 avril [2002] , on a pas le droit de reproduire les mêmes erreurs".

Un appel à François Hollande... qui reçoit un accueil glacial

Cécile Duflot n'a pas hésité à faire une comparaison entre Manuel Valls et Nicolas Sarkozy : "Quand tous nous avons dit que le discours de Grenoble [celui de Nicolas Sarkozy en 2010, réclamant de démanteler les campements illégaux de Roms] est un scandale absolu, nous ne pouvons pas tenter de, ou envisager, ou laisser penser que nous pourrons utiliser les mêmes méthodes". Et d'en appeler à François Hollande: "Ce n'est pas la responsablité des ministres, c'est la responsabilité du président de la République. Parce qu'au-delà de son programme, il a été élu pour réparer des blessures douloureuses."

Un appel présidentiel qui n'a pas reçu un accueil très favorable dans l'entourage du chef de l'Etat, en déplacement à Florange.

"Je ne veux pas alimenter une polémique qui n'a pas lieu d'être aujourd'hui" a lancé François Hollande à la presse, visiblement agacé. Un agacement partagé par Aurélie Filipetti, ministre de la Culture et collègue de Cécile Duflot, qui accompagnait François Hollande en Moselle : "c'est un jour majeur, un jour très important. Je pense qu'il faut respecter ces travailleurs et les respecter, ça veut dire aussi respecter la parole du président quand il vient s'adresser à eux".