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Polémique PS-UMP autour de l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy

Le Parti socialiste est en colère. Dans un communiqué titré "L'émission trop spéciale de Nicolas Sarkozy", il dénonce le dispositif de la prestation. La majorité a aussitôt réagi jugeant "absolument ahurissante cette posture".
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France Télévisions
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Nicolas Sarkozy prononce un discours télévisé à l'Elysée, le 27 février 2011 (AFP - Thomas Coex)

Le Parti socialiste est en colère. Dans un communiqué titré "L'émission trop spéciale de Nicolas Sarkozy", il dénonce le dispositif de la prestation. La majorité a aussitôt réagi jugeant "absolument ahurissante cette posture".

Après une nuit de négociation "marathon" à Bruxelles, Nicolas Sarkozy s'exprimera en direct sur France 2 et TF1, jeudi dès 20h15. Interrogé depuis l'Elysée par Yves Calvi pour France Télévisions et Jean-Pierre Pernaut pour TF1, le président français reviendra notamment sur la crise de la zone euro et sur l'accord conclu in extremis entre les chefs d'Etats et de gouvernement.

Mais les modalités de cette prestation télévisée ne sont pas du goût des socialistes qui dénoncent "la production par une société privée détenue par le groupe Lagardère, dont il n'est nul besoin de rappeler la proximité avec le Président de la République". "Encore plus fort : l'émission en question sera réalisée par l'organisateur des meetings de Nicolas Sarkozy lors de la campagne de 2007, souligne le communiqué.

Selon le PS, cette "conception de la démocratie et ces méthodes... augurent mal de la campagne présidentielle à venir".

"Nicolas Sarkozy veut faire croire comme d'habitude qu'il est le Tarzan de la négociation", a par ailleurs raillé mercredi le député PS et ancien ministre des finances, Michel Sapin.

Retour à l'envoyeur

C'en est trop tôt pour l'UMP qui a peu goûté la surexposition médiatique dont a bénéficié le parti socialiste ces dernières semaines.

"Le PS a-t-il oublié que les candidats aux primaires ont bénéficié de pas moins de 4 débats en prime time en moins de deux mois qui n'ont jamais été contradictoires et dont les thèmes étaient imposés ?", s'interroge le parti de la majorité dans un communiqué. "Et pourtant, pas un socialiste ne s'est indigné de l'absence totale de pluralisme dans les médias pendant ces primaires. Il faut dire que ce déséquilibre était tout à l'avantage du PS…".

"Le PS a-t-il si peur de la force de conviction de Nicolas Sarkozy", s'interroge encore l'UMP ?

Exercice à double tranchant

Les sondages ne manqueront sans doute pas de répondre à cette question après la prestation de M. Sarkozy.

En attendant et au-delà du "satisfecit" de circonstance après l'accord anti-crise conclu à Bruxelles, le chef de l'Etat devra expliquer les retombées "françaises" de l'orage qui s'est abattu sur l'Europe et esquisser les nouvelles mesures adoptées pour tenir les objectifs intangibles de réduction des déficits dans le contexte d'une probable révision à la baisse du taux de croissance.

En clair, tenter de rassurer les français quand à l'éventuel spectre d'un nouveau plan de rigueur.

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