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Des prières de rue à la viande halal, Claude Guéant multiplie les polémiques

Le ministre de l'Intérieur est à nouveau au coeur d'une polémique, après avoir déclaré vendredi qu'accorder le droit de vote aux étrangers pourrait conduire à ce que "des étrangers rendent obligatoire la nourriture halal" dans les cantines.

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France Télévisions
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Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, participe à une réunion électorate à Ecrouves (Meurthe-et-Moselle), le 2 mars 2012. (POL EMILE / SIPA)

Claude Guéant a encore frappé : en déclarant vendredi 2 mars qu'accorder le droit de vote aux étrangers pourrait conduire à ce que"des étrangers rendent obligatoire la nourriture halal" dans les cantines, et en ajoutant que "si on reçoit moins d'immigrés, les choses se passeront mieux", le ministre de l'Intérieur a de nouveau déclenché une vive polémique. Il n'en est pas à son coup d'essai : l'ancien préfet a déjà suscité la controverse sur des sujets similaires. Petit rappel de ses principaux faits d'armes en la matière.

4 avril 2011 : "L'accroissement du nombre de fidèles [musulmans] et un certain nombre de comportements posent problème."

En déplacement à Nantes, le ministre de l'Intérieur cible explicitement la population musulmane dans une déclaration qui fait scandale. "En 1905, il y avait très peu de musulmans en France, aujourd'hui il y en a entre 5 et 6 millions. C'est vrai que l'accroissement du nombre des fidèles de cette religion et un certain nombre de comportements posent problème", explique-t-il face caméra. Avant de développer : "Je ne prendrais qu'un exemple et il pourrait être multiplié : il est clair que les prières dans les rues choquent un certain nombre de concitoyens."

 • 22 mai 2011 : "Les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés."

Quelques semaines plus tard, le ministre est à nouveau accusé de stigmatiser les immigrés, même ceux qui sont encore sur les bancs de l'école. "Les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés", lâche-t-il le 22 mai sur Europe 1 pour étayer une affirmation selon laquelle "contrairement à ce qu’on dit, l’intégration ne va pas si bien que ça".

Le ministre se fait rapidement reprendre par plusieurs médias, à l'instar de Libération, qui dénonce chiffres à l'appui "une statistique au doigt mouillé". L'Insee lui-même, d'ordinaire peu enclin à s'exprimer sur des sujets politiques, corrige ses affirmations un mois plus tard.

• Automne 2011 : les Roumains et les Comoriens plus délinquants que les autres

Après un été marqué par les actions très critiquées du gouvernement envers la population rom de France, Claude Guéant n'hésite pas à défendre cette politique en affirmant le 29 août sur RMC que "2% de la délinquance en France [est] le fait de Roumains et que presque la moitié des délinquants roumains sont des mineurs".

Quelques jours plus tard, il récidive, mais cette fois, ce sont les Comoriens de Marseille, où ceux-ci sont très nombreux, qui sont dans le collimateur. "Je peux vous dire qu'il y a à Marseille une immigration comorienne importante qui est la cause de beaucoup de violences", explique-t-il le 11 septembre au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

Il exprimera cependant ses regrets trois jours après : "On a un problème récent de violences de personnes comoriennes, pas de Français d'origine comorienne. J'ai répété ce qu'on m'avait dit, mais si cela a pu blesser des Français d'origine comorienne et des Comoriens tout court, je le regrette."

• 4 février 2012 : "Toutes les civilisations ne se valent pas."

Invité à intervenir dans une réunion de l'UNI (syndicat étudiant proche de l'UMP), Claude Guéant affirme que "toutes les civilisations ne se valent pas""Celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique."

Accusé de mélanger civilisation et système politique, culture et religion, le ministre de l'Intérieur suscite l'indignation de la gauche et des associations. A l'Assemblée, un député apparenté PS l'accuse directement de "porter une idéologie qui a donné naissance aux camps de concentration". Suscitant, cette fois, l'indignation de la droite. Et tandis que Nicolas Sarkozy évoque "des propos de bon sens"François Fillon, lui, prend ses distances, en indiquant qu'il n'aurait "sans doute pas" tenu de tels propos.

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