Plan d'économies : l'UMP salue des mesures "courageuses", le PS dénonce un "plan d'austérité"

L'UMP a salué lundi les mesures annoncées dans le cadre du plan d'économies, les qualifiant de "courageuses", tandis qu'à gauche, le PS a dénoncé un "plan d'austérité" touchant les "plus modestes" et le Front de gauche, "une agression de plus".

Jean-François Copé, secrétaire général de l\'UMP
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP (NICOLAS TUCAT / AFP)

L'UMP a salué lundi les mesures annoncées dans le cadre du plan d'économies, les qualifiant de "courageuses", tandis qu'à gauche, le PS a dénoncé un "plan d'austérité" touchant les "plus modestes" et le Front de gauche, "une agression de plus".

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a réagi après l'annonce des mesures d'économies annoncée par François Fillon, trouvant ce programme "ambitieux" et "à la hauteur des difficultés qui sont face à nous". Il "va nous permettre de tenir nos objectifs en réduisant les dépenses et en augmentant de manière ciblée certains impôts", a affirmé M. Copé.

"Là où le Parti socialiste ne pense qu'à une seule chose, choisir la facilité des augmentations infinies d'impôts, nous, nous disons qu'il faut aussi avoir le courage, comme l'ont fait les autres grands pays européens, de réduire les dépenses publiques improductives", a ajouté le député de Seine-et-Marne.

"A l'UMP, nous allons nous mobiliser sur le terrain comme à l'Assemblée nationale pour parler avec les Français, expliquer les tenants et les aboutissants de ces décisions indispensables", a ajouté M. Copé.

Pour Jean-Michel Baylet, président du PRG, ce plan "fait à nouveau peser l'essentiel des efforts sur les plus modestes et sur les classes moyennes en épargnant les plus riches, sans choisir clairement entre politique de relance et politique de rigueur. Le gouvernement renonce une nouvelle fois à s'attaquer aux principales niches fiscales. Il procède par petits coups de rabot et par ajustements là où il faudrait une refonte globale du système".

Benoît Hamon, porte-parole du PS, a estimé qu'e l'on pouvait parler d'un "véritable plan d'austérité". Il a trouvé "assez frappant de voir qu'il touche, pour commencer, les ménages les plus modestes". "C'est un choix politique qui fait peser l'essentiel des sacrifices sur les Français. La conséquence de l'austérité, comme le constatent la plupart des économistes, ce sera moins de croissance, c'est-à-dire des dizaines de milliers d'emplois supprimés donc plus de chômage", a-t-il dit sur BFMTV.

Réactions de Benoît Hamon et Jean-François Copé le 7 novembre 2011

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Roland Muzeau, porte-parole des députés PCF, a déclaré dans un communiqué : "C'est, une fois encore, l'immense majorité de nos concitoyennes et concitoyens qui vont passer à la caisse. La baisse effective des prestations sociales qui augmenteront moins que les prix, la diminution des dépenses de santé, ou plus globalement la réduction des dépenses publiques (...) vont accroître de manière dramatique les difficultés des français et les inégalités sociales ... Ce plan ne marque pas de rupture. Il est une aggravation sans précédent des choix appliqués depuis le début du quinquennat avec, pour seule obsession, la satisfaction des agences de notations et des marchés".

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, a assuré sur France 2 que le plan de rigueur était "un contresens total". "Une nouvelle fois, l'activité va être contractée et par conséquent, tous les déficits vont augmenter", a assuré le coprésident du Front de gauche. "C'est ce qui vient d'arriver à la Grèce : en moins d'un an, son activité a baissé de 5 points et la dette a été multipliée pour arriver à 30%".

"C'est terrible ce qui vient d'être décidé", a poursuivi l'eurodéputé, "une agression de plus contre les gens du commun" et "c'est fait avec des mots qui trompent, qui dupent". M. Mélenchon s'en est pris notamment à la hausse de la TVA à 7% qui "va frapper l'abonnement à l'électricité, au gaz, les maisons de retraite".

Jean-Luc Mélenchon sur France 2 le 7 novembre 2011

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Martine Billard, coprésidente du Parti de gauche, estime que "contrairement au discours de François Fillon, l'effort ne sera pas partagé. Les ménages seront les plus touchés". "2012 marquera la poursuite des attaques contre les salaires et les protections sociales".

"A côté, les entreprises participeront peu à cette cure d'austérité puisque les allègements de cotisations patronales sur les bas salaires et les exonérations des heures supplémentaires sont maintenus. La rente, quant à elle, a encore échappé à toute nouvelle mesure de taxation".

Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts, a vu dans le plan de M. Fillon "un mea culpa honteux et partiel des mesures adoptées en début de quinquennat." "Ce sont ceux qui ont mis le pays au bord de la faillite qui soumettent aujourd'hui les Français au plan d'austérité", a-t-elle ajouté.

Nicolas Dupont -Aignan, président de Debout la République, a estimé que le plan "fait froid dans le dos: il est inutile, contreproductif et injuste". "Ce plan est injuste puisqu'une fois n'est pas coutume, il cible les classes populaires et les classes moyennes. Une classe moyenne qui fait de plus en plus figure de dindon de la farce sarkozyste, et qui sera touchée de plein fouet par la terrible désindexation des prestations sociales sur l'inflation, une forme de double peine pour les actifs", a ajouté M. Dupont-Aignan.

Christine Boutin, candidate du Parti chrétien-démocrate à la présidentielle, a déploré que "les plans de rigueur gouvernementaux se succèdent et se ressemblent", regrettant que "ce énième plan de rigueur s'attaque une nouvelle fois au pouvoir d'achat des Français les plus fragiles et des classes moyennes, sans la moindre esquisse d'une réforme structurelle d'un système à bout de souffle".