Il faut "bâtir des convergences" avec la majorité présidentielle, "les citoyens nous le demandent", appelle le maire LR de Toulouse

Jean-Luc Moudenc et vingt autres maires Les Républicains ont lancé un "appel vers l'Assemblée nationale" pour inciter au rapprochement entre leur parti et la majorité.

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Radio France
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Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, le 13 mai 2022. (ADRIEN NOWAK / HANS LUCAS)

"Les citoyens nous le demandent", il faut "bâtir des convergences" avec la majorité présidentielle "dans l'intérêt des Français et de notre pays", a affirmé dimanche 3 juillet sur franceinfo Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse.

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Dans une tribune partagée sur les réseaux sociaux et co-signée avec vingt autres maires ou présidents de collectivités locales, il a appelé "avec force et gravité" les députés Les Républicains à "converger sur des projets qui feront avancer la France". Ces élus locaux s'inquiètent "d'un risque du blocage de l'Assemblée nationale" et demande aux parlementaires de s'inspirer des modes de fonctionnement des collectivités locales : "On regarde ce que l'on peut mettre en commun, non pas dans l'intérêt de nos partis respectifs, mais dans l'intérêt de nos territoires", explique-t-il.

franceinfo : Pourquoi avez-vous lancé cet appel ?

Jean-Luc Moudenc : Pour les problèmes énormes que nous avons à traiter, qu'est-ce qu'on fait ? On ne peut pas uniquement affirmer une posture. Donc, effectivement, on souhaite qu'il y ait des convergences qui soient bâties, selon des modalités déterminées à la fois par la majorité présidentielle et les parlementaires LR, de façon à ce que des décisions soient prises pour le pays, pour les Français.

Avec des signataires de votre tribune qui pourraient intégrer le gouvernement ?

On s'adresse aux parlementaires. On est soucieux d'un risque du blocage de l'Assemblée nationale et à partir là de l'impossibilité de décider. On est plus dans un message vers l'Assemblée nationale, un message par rapport à la composition du gouvernement. Par contre, si on pense qu'il s'agit de faire des ralliements ou de faire des choix individuels, ça ne marchera pas.

À l'échelon local, cela fait longtemps que les élus de bords différents travaillent ensemble. Demandez-vous aux députés de les imiter ?

Dans nos collectivités, on met en avant des projets, on les réalise sans qu'il y ait de blocage dans nos assemblées locales parce que chacun reste lui-même. On ne demande aucun ralliement à personne. Simplement, on se met autour d'une table, on regarde ce que l'on peut mettre en commun, non pas dans l'intérêt de nos partis respectifs, ce n'est pas le sujet, mais dans l'intérêt de nos territoires, de nos villes, de nos intercommunalités, de nos départements. Alors, pourquoi ça ne serait pas possible de faire comme ça pour le pays ?

Justement, pourquoi c'est si difficile à l'échelle nationale ?

Tout simplement parce que ça n'est pas la tradition française surtout avec la Cinquième République. Il y a un président, Il y a une majorité et des oppositions. On travaille comme ça depuis plus de 60 ans. Sauf que les Français ont décidé de bouleverser tout ça. Soit on en tient compte, soit on reste dans les schémas d'avant. Il faut aller vers les schémas d'aujourd'hui. Les citoyens nous le demandent.

Sur quels sujets seriez-vous prêt à vous rapprocher de la majorité présidentielle ?

Il faut ouvrir les débats de fond et essayer d'aller vers des convergences dans l'intérêt du pays au cas par cas. Il y a une autre technique qui consiste à dire : il faut une coalition comme en Allemagne. Sauf que ce n'est pas la tradition française. Et puis, il n'y a pas grand monde qui en veut. Je n'ai pas entendu non plus beaucoup de figures de la majorité présidentielle dire qu'il fallait une coalition. À défaut de coalition, prenons les sujets un par un, mais pas uniquement pour affirmer des positions antagonistes, mais pour bâtir des convergences dans l'intérêt des Français et de notre pays.

Votre prise de position a-t-elle un lien avec le départ de votre patron Christian Jacob et le choix de son successeur ?

Notre préoccupation est plus tournée vers la semaine qui vient, le discours de politique générale de la Première ministre et la détermination du positionnement des différents groupes. Tout ce qui concerne Les Républicains sera réglé par un congrès d'ici quelques mois. Ce que je peux vous dire, c'est qu'aucun des signataires de cette tribune n'a d'arrière-pensées vis-à-vis de ce qui va se passer chez LR, vis-à-vis de telle ou telle personnalité. Ce n'est pas une stratégie partisane pour savoir qui va succéder à Christian Jacob. C'est de véritablement interpeller les parlementaires pour cette semaine qui est déterminante.

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