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Opérations extérieures : la France a-t-elle encore les moyens ?

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, va être auditionné ce jeudi par la Commission des finances de l'Assemblée nationale. Il va notamment être interrogé sur le financement des opérations extérieures en cours, au Mali et en Centrafrique.
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Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
  (Reuters)

Afrique, Moyen-Orient ou encore Afghanistan : il y a actuellement 8.500
militaires français concernés par les différents terrains d'intervention. Pour
2014, 450 millions d'euros sont déjà prévus dans le budget pour financer les
opérations extérieures, les Opex. Mais il faudra compléter. Déjà l'an dernier
avec l'opération Serval au Mali, une enveloppe globale de 630 millions avait
été budgétée. Mais la Cour des comptes a évalué ce coût à 647 millions d'euros.
Et la consommation réelle de crédits a atteint 1,2 milliards d'euros selon le
président de la commission de la Défense, l'UMP Gilles Carrez.

"L'année dernière nous avons gelé un certain nombre de crédits, ce
qui nous a permis de financer l'opération au Mali sans que cette
dernière ne contribue à dégrader notre solde ou à fragiliser la
trajectoire de nos finances publiques
" avait expliqué Bernard Cazeneuve, le ministre du budget.

L'opération Sangaris, déclenchée le 5 décembre en Centrafrique "n'est pas financée. Cela va coûter 100 millions d'euros à la France,
il faut le dire
", avait assuré mi-décembre l'ex-ministre de la Défense Hervé Morin.

"La France a clairement les moyens d'intervenir dans les
crises comme elle le fait" (général Desportes)

Pour le général Vincent Desportes, professeur de stratégie à Sciences Po et HEC, "la France a clairement les moyens d'intervenir dans les
crises comme elle le fait.
La difficulté des armées françaises c'est son
manque d'épaisseur stratégique. Une des raisons pour lesquelles il n'y a que
1600 hommes en Centrafrique, c'est que nous ne pouvons pas maintenir longtemps
sur le terrain, à l'extérieur, des volumes aussi importants que ceux que nous
avons déployés. La difficulté, c'est que nous dépensons plus d'un milliard par
an en opérations extérieures et que le budget ne prévoit que 450
millions".

Et pour le député UMP Pierre Lellouche, les restrictions budgétaires ont
rendu la situation de l'armée insupportable : "Là où on marche sur la
tête, c'est qu'on a jamais autant demandé à l'armée française et jamais on a
autant coupé"
dans les budgets. Et il donne un exemple : "Parti
comme on est, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, on va
avoir un budget de la Défense inférieur à celui de l'Allemagne."

D'autant que l'Europe, pour l'instant, n'a pas apporté la moindre aide à la
France.

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