“On ne voit pas comment Haïti peut redresser la barre”

Pour Daniel Grandclément, documentariste et spécialiste du pays, Haïti manque de solutions face à la pauvreté, à la corruption et à la violence.

Franceinfo

Auteur des Enfants du port, le documentariste Daniel Grandclément revient d’Haïti : “J’ai été surpris par ces manifestations. Ces manifestations étaient quasi normales, sans qu’il y ait de heurts mais d’un coup, un homme a été tué par un tir de pistolet anti-émeutes”. À la suite de cette mort, les manifestations sont devenues de plus en plus violentes avec des pillages et des incendies. Cette île croule sous la misère, la corruption, avec un personnel politique qui n’arrive pas à se renouveler.

Un manque d’espoir, une classe politique incompétente

Mais cette fois, les manifestations ne portent pas que la faim. “Il y a eu un rapport de la Cour des comptes à propos des fonds de Petrocaribe, des facilités apportées par le Venezuela, qui permet à des pays d’Amérique latine de se développer ou d’acheter à bas prix du pétrole”’, continue Daniel Grandclément. Mais la Cour des comptes a montré qu’il y avait ici une vaste opération de corruption. Par conséquent, la population demande au président de la République de démissionner, mais c’est impossible selon la Constitution du pays. “Depuis deux siècles, Haïti ne parvient pas à bénéficier d’une stabilité : l’argent dépensé par l’Etat, on ne voit pas sa concrétisation dans les rues. Quelle solution ? Changer le personnel politique, miné par la corruption et par l’incapacité à bien gérer l’Etat”, estime encore le documentariste.

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Des manifestants à Port-au-Prince, le 11 février 2019.
Des manifestants à Port-au-Prince, le 11 février 2019. (HECTOR RETAMAL / AFP)